Une Maîtrise en théologie

theoL’Université de Montréal a accepté mon esquisse de projet de recherche et ma candidature à la Maîtrise en théologie (option Études bibliques). Fondée en 1878, cette maison d’enseignement supérieur et de recherche est aujourd’hui la deuxième en importance au Canada, la première au Québec, et l’une des principales en Amérique du Nord. J’ai l’intention d’y consacrer toutes mes énergies afin de présenter un travail de qualité, honnête et rigoureux.

Peu avant de publier Quiproquo sur Dieu, j’avais approché quelques spécialistes du Moyen-Orient pour leur parler de mes travaux. Comme mon sujet traitait de la Bible, un professeur d’histoire de l’Université du Québec m’avait tout de suite prévenu : « Ce n’est pas notre domaine, je vais vous mettre en contact avec la Faculté de Théologie de l’Université de Montréal ». Malheureusement, les personnes contactées dans ce département m’ont vite fait comprendre qu’elles ne percevaient aucune valeur scientifique dans mes recherches. Déçu par ce manque d’ouverture et de curiosité, j’ai décidé quand même d’aller de l’avant et de publier. C’est plus tard que je me suis inscrit comme étudiant libre à un cours d’interprétation théologique et biblique ainsi qu’un cours d’hébreu. L’un de mes professeurs, spécialiste du Pentateuque et de l’histoire biblique, avait pris connaissance de mon ouvrage. Désirant éviter toute friction, j’ai évité d’aborder le sujet durant ses cours. En fin de session, je lui ai demandé de me rencontrer pour lui parler « d’un projet qui me tenait à cœur ». Il a généreusement accepté, mais quand je me suis présenté à son bureau, il m’a lancé tout de go « J’espère que vous n’êtes pas venu ici me parler de votre livre ». Comme je répondais par l’affirmative, il me dit : « Tous les spécialistes s’entendent pour dire que le récit biblique n’a pu être rédigé avant le VIe siècle. Vos affirmations sont sans fondements et les liens que vous établissez avec le Bronze moyen et Hammourabi relèvent de la fiction. Bref, « vous marchez sur des œufs avec des clous dans les pieds! ».

Lorsque je lui ai dit que le Bronze moyen et les liens avec Hammourabi étaient plutôt accessoires dans ma thèse, l’incrédulité a fait place à la surprise. Il était en effet resté sur l’impression que mon livre tout entier reposait sur cette démonstration. « C’est vrai, lui ai-je dit, mais ce qui m’intéresse davantage, c’est l’analyse du récit abrahamique, car je suis persuadé qu’il relève d’un véritable traité historique qui visait à l’origine à établir un gouverneur (en l’occurrence Abraham) dans la région de Canaan afin d’en assurer le contrôle. La ville de Sodome apparait dès lors comme le centre de résistance qui rejette cette autorité et qu’il faut mater. » Après quelques instants de réflexion, il semblait rassuré et lança « Si c’est l’étude synchronique du texte hébraïque qui vous intéresse, je n’y vois aucune objection; cela pourrait même être intéressant. Par contre, si vous cherchez à vous lancer dans une analyse diachronique ou historico-critique, il est clair que je ne vous suivrai pas dans cette voie. »

imagesCette première ouverture d’esprit m’est apparue comme une bouffée d’air frais. Je sais que la ligne sera mince et que je devrai faire preuve d’une certaine retenue dans mes idées les plus controversées. Par contre, je possède mon sujet et suis confiant de parvenir à une démonstration efficace. C’est pourquoi je suis enthousiaste à l’idée d’aborder cette question à l’intérieur d’un cadre universitaire rigoureux, critique et stimulant. J’aurai le plaisir d’y côtoyer de véritables experts et de débattre de mes idées qui pourront enfin être jugées en fonction de leur valeur intrinsèque.

www.quiproquo.ca

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17 mai: journée internationale contre l’homophobie

affiche_homophobie2009_300pxLe 17 mai, c’est la journée internationale contre l’homophobie. Pour 2011, la campagne du Comité IDAHO concerne les religions : le but est d’interpeller les croyants et les responsables religieux sur l’homophobie (et sur la transphobie).

Encore de nos jours, la détresse de jeunes gays ostracisés ou violentés par leurs pairs témoigne du ravage que l’homophobie provoque en milieu scolaire. Dans de nombreux pays, la « justice » les traquent et les exécutent au nom de Dieu. C’est ainsi que l’Iran ne compte officiellement aucun homosexuel sur son territoire et que les extrémistes religieux du parlement ougandais cherchent toujours à faire voter une loi visant à condamner à mort les homosexuels pendant que l’Arabie Saoudite les décapite déjà. Peut-on imaginer acte plus barbare et rétrograde?

L’homophobie offre un des meilleurs exemples de la logique débilitante qui résulte de fausses croyances : des individus qui se targuent d’être pieux, compatissants et miséricordieux n’éprouvent aucun remord à mépriser et condamner leurs frères homosexuels.

Au plan éthique, l’homophobie ne trouve aucune justification, le respect de la différence et du plus faible étant depuis longtemps l’un des piliers de la conscience humaine. Lorsqu’ils n’associent pas directement l’homosexualité à la pédophilie, les fondamentalistes religieux invoquent la suprématie de lois soi-disant « divines » pour s’opposer à la morale, la raison et la compassion humaine. Dans tous les cas, leur raisonnement fallacieux s’énonce comme suit : par sa dimension procréatrice, l’hétérosexualité est la seule loi naturelle, l’homosexualité n’est qu’une dysfonction de l’instinct sexuel.

Au plan scientifique, les homophobes profitent du flou apparent engendré par le paradoxe de la sélection naturelle. On a effectivement longtemps cru que l’homosexualité ne pouvait se transmettre par le bagage génétique – les gènes censément associés à l’homosexualité étant appelés à disparaitre puisque les homosexuels ne se reproduisent pas (principe d’attrition). On sait aujourd’hui que l’homosexualité est un sous-produit – le dommage collatéral, pour employer un terme à la mode d’un gène qui aurait pour fonction principale l’accroissement du taux de fécondité de la mère. Et si les homosexuels sont en surreprésentation parmi les cadets de familles nombreuses, ce n’est pas parce que leurs mères se rendent coupable de surprotection et de féminisation, mais parce que le système immunologique de la mère s’opposant à la descendance masculine, s’accroit à chaque grossesse (effet parité).

Au plan historique, l’exégèse dissociative que j’ai développée explique comment Sodome a été détruite pour des raisons essentiellement politiques et stratégiques, et non parce que ses habitants étaient pervers et pratiquaient la « sodomie ». De tout temps, les hommes ont utilisé le sexe pour diminuer, ridiculiser et humilier leurs ennemis. Dès que l’on envisage l’hypothèse défendue dans Quiproquo sur Dieu que le « Yahvé » à l’origine de cette histoire n’était pas un être divin – au sens ou nous l’entendons aujourd’hui –, mais plutôt un roi influent à une époque où l’on déifiait les puissants de ce monde, la relecture des Chapitre 14 et 19 de la Genèse est non-équivoque : le récit de Sodome prend un sens beaucoup plus rationnel, qui s’inscrit dans une parfaite logique militaire. Si les habitants « sodomisent » les messagers qu’envoie « Yahvé » dans le but de s’enquérir de l’état de révolte de la ville, ce n’est pas pour assouvir leurs bas instincts, mais pour leur faire subir cette humiliation qu’ils éprouvent eux-mêmes, depuis plus d’une décennie, en temps que peuple conquis. De telles relations de domination et de soumission s’observent dans les prisons et en temps de guerre avec des armées d’invasion et de conquête à l’égard des vaincus. C’est donc en réaction à cet affront, bien plus que pour châtier une bande de dépravés sexuels que la rebelle Sodome fut anéantie par un « Yahvé » en chair et en os.

Leurs arguments rebutés, les parlementaires et religieux des pays qui soutiennent et promulguent ces lois homophobes mériteraient d’être poursuivis par le tribunal de La Haye pour crime contre l’humanité.

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Le véritable débat va bientôt pouvoir s’amorcer

J’ai peine à le croire: deux ans déjà que Quiproquo sur Dieu a été publié! Mes lecteurs n’ont pas été très nombreux, mais je reste confiant pour l’avenir, car leurs commentaires ont été, dans l’ensemble, plutôt élogieux. Les quelques rares critiques m’ont reproché une bibliographie incomplète et quelques raccourcis, mais personne n’a encore trouvé à redire sur le fond.

Malheureusement, seules les périodes de questionnement sont propices à l’émergence de débats autour des nouvelles idées (surtout lorsque celles-ci semblent excentriques). Si mon livre n’a encore soulevé aucune controverse, c’est que mes interlocuteurs estiment l’affaire close depuis fort longtemps. Ils tiennent pour acquis que les récits bibliques de l’ancien testament ne reposent sur aucune base historique et ne sont que le produit d’un mythe.

Pourtant, pendant plus d’un siècle, les maximalistes bibliques ont été convaincus que la bible racontait la véritable histoire du peuple hébreu. Mais les trop nombreuses incohérences, contradictions et absences de preuves archéologiques auront finalement donné raison aux minimalistes dont la thèse, depuis près de trente ans, a été institutionnalisée par nos universitaires.

En affirmant que le « Yahvé » d’Abraham était un roi, je passe aux yeux de certains pour un auteur qui manque de sérieux, avide de publicité et de polémique. Même les simples journalistes savent, pour la plupart, qu’il n’y a aucun fondement historique à l’ancien testament. Ils se méfient donc naturellement d’un auteur qui prétend le contraire et trouvent plus facile et moins risqué de passer à autre chose.

stèle Tel DanMais plus le temps passe et plus la position des minimalistes se fragilise. Le dernier article du Biblical Archelogy Review intitulé « The Birth & Death of Biblical Minimalism » démontre que nous assistons lentement à la résurgence des maximalistes. Dans cet article, l’auteur Yigael Yadin de la Chaire d’Archéologie de l’Université hébraïque de Jérusalem, réfute - pour une des premières fois - le célèbre Finkelstein, en affirmant que les fouilles menées à Qeiyafa confirment que le concept d’urbanisation avait déjà été mis au point au temps du roi David, précisément tel que le décrit la Bible (soit un siècle plus tôt que ne le prétendait Finkelstein).

Après trente années de quasi-certitudes, un des fondements de l’édifice des minimalistes viendrait-il de subir son premier choc. C’est en tout cas ce que le titre de l’article implique. Il m’apparait que l’analyse que ces deux groupes tirent des mêmes faits historiques traduit un malaise, voire une ambivalence, qu’ils sont incapables de résoudre. Étant convaincu que le récit abrahamique est beaucoup plus ancien que les minimalistes ne sont prêts à l’admettre, voilà plusieurs années que je prédis le retour des maximalistes. Mais tant qu’ils s’enfermeront dans leur paradigme d’interprétation, ces deux groupes continueront à tourner en rond. Ce n’est qu’en abordant le récit abrahamique d’un point de vue politique – plutôt que religieux – que la théorie développée dans Quiproquo sur Dieu permet de dénouer l’impasse en faisant la synthèse de leurs deux positions en apparence irréconciliables.

Les prochains mois risquent d’être fertiles en rebondissement et je crois que le débat sur l’historicité de l’ancien testament va refaire surface dans l’actualité. La période de questionnement qui s’ouvre sera propice à l’émergence des idées que je mets de l’avant dans Quiproquo sur Dieu. Le véritable débat va enfin pouvoir s’amorcer.

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À la conquête de l’hébreu!

Je viens de terminer le cours d’hébreu biblique à la Faculté de Théologie de l’Université de Montréal. Voilà qui aura consommé tous mes temps libres depuis l’automne dernier. Pourquoi l’hébreu? Parce que les plus vieux textes bibliques connus sont écrits en hébreu. Le Codex de Leningrad date de 1009 EC. C’est le seul manuscrit complet de l’Ancien Testament que l’on possède. Il sert de base pour les traductions de l’Ancien Testament.

Bien que les traductions modernes soient suffisamment fidèles pour m’avoir permis d’élaborer la thèse que je développe dans Quiproquo sur Dieu, l’étude de l’hébreu m’a permis de résoudre plusieurs difficultés et questions auxquelles ces traductions ne pouvaient me permette de répondre avec assurance. J’ai été à même de constater que le texte hébraïque supporte l’interprétation que je propose, notamment au niveau de l’interprétation qu’il faut donner au verset Gn 14:22. J’ai suggéré dans mon livre qu’il fallait interpréter et traduire ce verset différemment. Malheureusement, je ne pouvais que me fier aux traductions:

.וַיֹּאמֶר אַבְרָם, אֶל-מֶלֶךְ סְדֹם: הֲרִמֹתִי יָדִי אֶל-יְהוָה אֵל עֶלְיוֹן, קֹנֵה שָׁמַיִם וָאָרֶץ

Et Abram dit au roi de Sodome: J’ai levé ma main vers Yahvé, le Élohim Très-haut, possesseur des cieux et de la terre:

Dans l’interprétation classique, les paroles d’Abraham « j’ai levé ma main vers Yahvé » ont toujours été comprises dans le sens de « j’ai levé ma main pour jurer ». Or, le verbe « רום » - lever - (numéro Strong H7311 - ruwm) conjugué au H parfait (Hiphil) « הרימתי » indique une action accomplie à la première personne. Mais si l’auteur a choisi la forme H causative active plutôt que la forme G active, c’est pour souligner que l’action implique deux sujets actifs, dont un est implicite. Il serait donc plus juste de traduire cette expression par « j’ai fait lever ma main vers Yahvé ». Or, si cette traduction est problématique dans le cadre la théologie classique – on ne fait pas lever sa main par autrui pour jurer – il en va tout autrement pour l’interprétation que je propose. En effet, la « יד » - main - (numéro Strong H3027 - yad) est également utilisée dans la Bible au sens figuré de « force, puissance ». On se trouve donc ici fort probablement en présence de la locution verbale « lever la main sur » dans le sens de « frapper quelqu’un ». La conjugaison du verbe au H causatif trouve ici tout son sens : ce n’est pas tant le premier sujet – Abraham – que le deuxième implicite – ses hommes – qui ont livrés le combat. L’interprétation du verset Gn 14:22 nous autorise donc à croire que Yahvé était effectivement partie prenante dans le conflit.

Il est d’ores et déjà évident que la connaissance de l’hébreu ancien va s’avérer très utile pour poursuivre mes recherches et pour que ma thèse gagne en crédibilité.

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SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL

Le Salon du livre de Montréal se tiendra à la Place Bonaventure du mercredi 17  au dimanche 21 novembre 2010.

Voici mon horaire de signatures au stand #220 de l’Agence Du Livre (ADL):

  • Samedi de 16 h  à 18 h
  • Dimanche de 14h à 16h

Au plaisir de vous rencontrer!

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Loi 94: Lorsque l’État subordonne la raison aux fantasmes

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Voici l’allocution que j’ai présentée dans le cadre de la Consultation générale et auditions publiques sur le projet de loi n° 94, Loi établissant les balises encadrant les demandes d’accommodement dans l’Administration gouvernementale et dans certains établissements. J’avais le plaisir d’accompagner Mme Andréa Richard.

C’est à confronter les dogmes religieux un à un que la science est parvenue, au fil des siècles, à desserrer l’emprise que les théocrates ont exercée sur nos sociétés. Si nous n’enseignons plus à nos jeunes que la terre est au centre de l’univers, ce n’est certainement pas grâce aux accommodements raisonnables! C’est parce que Galilée a repris la théorie de Copernic et qu’il a eu le courage de la soutenir, envers et contre tous.

N’est-il pas curieux qu’en 2010, on enseigne toujours dans les cours d’Éthique et de Culture Religieuse (ECR) qu’un être divin a conclu une Alliance avec un homme, Abraham, en lui offrant la « terre promise » en échange d’une foi aveugle? Or, il était courant pour les rois, pharaons et empereurs de l’Antiquité d’être vénérés et de se faire déifier de leur vivant. Se pourrait-il que l’être divin de l’Alliance ne fût en somme qu’un de ces rois?

Huit années de recherches m’ont permis d’accumuler des preuves de tout ordre (logique, chronologique et dendrochronologique) pour conclure que les trois grandes religions monothéistes ont fort probablement pour origine commune un véritable traité d’alliance historique. Celui-ci aurait été conclu entre un roi de Mésopotamie et un gouverneur de la région de Canaan. Si cette théorie soulève encore l’ire et la controverse, je suis, moi aussi, prêt à la défendre envers et contre tous… Mais rassurez-vous, là n’est pas le but de mon intervention.

Les spécialistes s’accordent pour dire que les religions ont été créées par les hommes et qu’elles relèvent de la mythologie ou de l’évhémérisme. C’est ainsi que chaque jour, la science apporte un éclairage nouveau sur ces origines, beaucoup plus précis et nettement plus réaliste que l’interprétation théologique classique. Ces connaissances sont essentielles, car elles seules nous permettent de combattre l’obscurantisme, le fondamentalisme et l’intégrisme qui demeurent malheureusement des sources de conflits, d’exclusions, et de répressions importantes partout dans le monde.

Bien sûr, la Charte canadienne des droits et liberté reconnaît la liberté de conscience et de religioncomme un droit fondamental. L’État s’engage donc à protéger tout citoyen victime d’intimidation ou de discrimination en raison de ses croyances, comme il le fait pour la liberté d’expression.

Mais pourquoi l’État devrait-il concéder des accommodements à un individu ou à un groupe dans le seul but de lui permettre de continuer à croire, à pratiquer et à afficher ses croyances sans être contrarié?

En sommes-nous vraiment réduits à élever les mythes et les croyances religieuses au-dessus de la raison? Doit-on vraiment concéder des privilèges à des individus dans le seul but de soutenir leurs convictions?

À ce titre, pourquoi ne pas obliger les employeurs du Québec à aménager des lieux de discours pour les revendicateurs de la libre expression? Pourquoi ne pas légiférer pour que toutes les écoles concèdent à nos enfants des classes de rêves où ils pourraient célébrer le père Noël?

La jurisprudence des dernières années nous entraîne dans une grave dérive. À trop vouloir respecter et célébrer les différences, elle a perdu de vue l’esprit de la Charte des droits et liberté qui vise la protection de l’individu et non pas celle des croyances, des fantasmes ou des illusions auquel il s’identifie.

Cette commission a un devoir moral : celui de préserver et de faire progresser les valeurs de la société dont elle est garante. Son rôle n’est donc pas de confirmer une telle jurisprudence, mais d’édicter les règles qui vont assurer un équilibre entre le respect des droits individuels et le maintien de la cohésion sociale.

Le paradigme du multiculturalisme et des droits et liberté individuelle ne peut plus être invoqué sans discernement. Pour préserver la paix sociale, l’État doit impérativement accuser une fin de non-recevoir à toute demande qui repose sur une quelconque idéologie, fût-elle religieuse, et accorder un traitement égal à tous et non des passe-droits arbitraires à quelques-uns.

Bernard Lamborelle - 20 octobre 2010

Notre intervention, accompagnée des commentaires éclairés de Mme la Ministre, peut être écoutée directement sur le site de l’Assemblée Nationale.

http://www.dailymotion.com/videoxfbw7i http://www.dailymotion.com/videoxfbx6p

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SALON DU LIVRE DE SHERBROOKE

Je serai présent au Salon du livre de Sherbrooke qui se tiendra du mercredi 13 octobre au dimanche 17 octobre 2010.

Voici mon horaire de signatures au stand de la Librairie GGC.

Samedi 16 oct. :

  • de 10 h 30 à 12 h 00
  • de 13 h 00 à 15 h 00
  • de 18 h 00 à 20 h 00

Dimanche 17 oct. :

  • de 10 h 00 à 12 h 00
  • de 13 h 00 à 15 h 00

Au plaisir de rencontrer!

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Qui s’y frotte s’y pique…

L’article « Le Dieu d’Abraham était-il le roi Hammourabi? » de Daniel Baril paru dans le journal Forum de l’Université de Montréal le 7 septembre dernier a engendré des réactions.

forum

La Faculté de Théologie, par l’entremise de  M. Robert David, s’est notamment empressée de se dissocier de mon travail. Voilà qui est de bonne guerre. Mais par un curieux hasard, j’ai appris au même moment qu’une étude critique de mon livre rédigée par un jeune et brillant professeur de philosophie fut déclarée « irrecevable » par un comité de théologiens. Or, le texte leur avait été soumis plus de six mois auparavant. Aucune justification n’accompagnait le refus. C’est simplement par bienveillance qu’ils ont voulu épargner à ce jeune professeur l’odieux d’avoir « osé » publier sur un essai « risible »…

Pourtant, toujours aucun commentaire négatif de la part de mes lecteurs. Bien au contraire, si certains n’ont pas saisi parfaitement ma démonstration dans ses moindres détails et que d’autres soulèvent quelques faiblesses, tous s’accordent pour lui reconnaître une certaine valeur. Les seuls qui continuent à ridiculiser mon travail sont ceux-là mêmes qui refusent de le lire. Pourquoi? Parce qu’ils estiment avoir affaire à une brebis égarée qui n’y connaît rien, et ce, même si de nombreux intellectuels m’appuient, certains ouvertement, d’autres en privé. J’en tire la conclusion que je suis devenu persona non grata. Loin de m’en offusquer, je réalise que c’est dans l’ordre naturel des choses. J’aimerais seulement pouvoir profiter de la notoriété qui accompagne généralement cette épithète!

Bien sûr, oser prétendre qu’Abraham était un personnage historique alors que tous les spécialistes « savent » qu’il s’agit plutôt d’un personnage mythique relève de l’ignorance ou de l’arrogance. Dans les deux cas, ça dérange. Ajouter par surcroit que le « Yahvé » d’Abraham était un roi puissant plutôt qu’un être divin relève carrément de l’absurde. Or, en refusant d’entrevoir cette possibilité, ils rejettent du même coup une hypothèse qui permet de résoudre une quantité remarquable de problèmes que la théologie classique ne parvient pas à résoudre de façon satisfaisante. Ils préfèrent continuer à se réfugier derrière l’interprétation de « la tradition orale » pour justifier les nombreuses incohérences qui parsèment le récit biblique plutôt que d’accepter d’explorer la nouvelle voie entrouverte par un non-initié.

Je pose des questions qui font mal, car elles remettent en question 3 500 ans de tradition, de théologie et de convictions. C’est ainsi que personne n’avait encore démontré que la chronologie du récit Abrahamique fonctionne parfaitement dès que l’on comprend qu’elle repose sur la base sexagésimale. Personne n’avait encore souligné le lien entre l’attaque de Sodome (Gn 14) par quatre rois venu mater une population en révolte et l’anéantissement de la même ville quelques chapitres plus tard par « Yahvé » (Gn 19) parce que les citoyens défient toujours son autorité. Personne ne semble avoir fait grand cas que ce n’est pas Abraham qui « visite » Sarah afin de la mettre enceinte, mais plutôt « Yahvé ». Pourtant, voilà qui éclaire enfin pourquoi « Yavhé » insiste tant pour qu’Isaac – et non Ismaël – soit le fils héritier. La relecture que je propose permet également d’expliquer le différend qui oppose juifs et musulmans sur l’identité du fils demandé en sacrifice. Et finalement, elle permet de comprendre pourquoi Abraham pratiquait l’endogamie et ce qu’il advint des fameux Hyksôs en Égypte.

Mais encore faudrait-il prendre le temps de lire mon livre afin de comprendre comment tout cela s’articule dans les moindres détails. Il faudrait aussi un brin d’indulgence, car le livre s’adresse avant tout au grand public et qu’il ne peut donc répondre à l’ensemble des règles qui régissent normalement la publication d’un ouvrage académique. Mais soyons raisonnables et admettons un instant que mon travail relève de la pure fabulation et qu’il n’ait effectivement aucune valeur scientifique. Dans ce cas, ne conviendrait-il tout de même pas de célébrer l’incroyable génie qui serait parvenu à tisser un pareil enchevêtrement de liens à partir d’un récit et de faits historiques vérifiables et bien établis??

Voilà pourquoi, loin d’être ébranlé par de telles réactions, je relève les manches et poursuis mon travail avec la sérénité de celui qui est confiant que le temps finira par lui donner raison.

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L’étau archéologique se resserre encore davantage…

Découverte d’un code de loi vieux de 3,700 ans en Israël: Le professeur Wayne Horowitz de l’Institut d’archéologie de l’Université hébraïque déclare que cette dernière trouvaille ouvre une piste intéressante pour complément d’enquête éventuelle d’un lien entre la loi biblique et le Code d’Hammourabi.

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Les Patriarches bibliques découverts par radar?

Dès que l’on accepte l’idée que Abraham n’était qu’un des vassaux de Hammourabi, il convient de se questionner sur le rôle historique des Isaac, Jacob, Joseph, etc. On sait que Joseph joua un rôle prépondérant en Égypte et qu’après quelques mésaventures, cet humble Bédouin devint presque aussi important que le Pharaon d’Égypte (Gn 41:40). Peut-on y voir autre chose que l’histoire fantastique et la bénédiction divine d’un homme « exceptionnel »?

On sait que bien des mythes trouvent leur origine dans une réalité historique déformée. Grâce à des preuves chronologiques, climatologiques et anthroponymiques, je démontre dans mon essai que les descendants d’Abraham étaient probablement liés aux fameux Hyksôs. Ces derniers sont des Sémites qui ont établi leur capitale à Avaris dans le Delta du Nil et dominé l’Égypte durant la Deuxième Période Intermédiaire. Malheureusement, les Égyptiens ont détruit presque tous les vestiges de ce passé peu glorieux. Nous ne connaissons donc ces Hyksôs que par des bribes d’informations, dont le nom de leurs rois : Salatis, Yakub-her, Sheshi, Khyan, Apepi et Khamoudi.

Je ne suis pas le premier à tenter un rapprochement. Depuis Joseph Flavius, célèbre historien du 1er siècle EC, nombreux sont ceux qui ont cru voir en Yakub-her, le Jacob biblique. Toutefois, le manque de preuve et le fait que l’image du conquérant Hyksôs ne correspond tout à fait à celle que l’on se fait du patriarche biblique a eu raison des plus optimistes. Pourtant, dès que l’on comprend que le récit d’Abraham n’était pas à l’origine celui d’une Alliance divine, mais bien celui d’un traité conclut avec le roi Hammourabi de Babylone, l’affaire devient beaucoup plus plausible et l’origine probable du mythe entourant ces personnages légendaires. Dès que l’on rectifie les chronologies bibliques, on s’aperçoit qu’elles correspondent parfaitement avec le règne des rois Hyksôs dont la prise de pouvoir coïncide avec la plus grande catastrophe climatologique qu’ait connu la terre - l’éruption du mont Santorini - qui elle-même engendra une sécheresse digne de celle dont parle la Bible… Si les archéologues n’ont pas encore compris comment les Hyksôs se sont emparés de l’Égypte « en douceur » c’est peut-être que les Égyptiens affamés ont échangé leur terre pour de la nourriture, exactement comme la Bible raconte l’histoire de Joseph…

C’est ainsi que j’arrive aux rapprochements suivants (voir Quiproquo sur Dieu pp. 167-224):

Isaac = Salatis

Jacob = Yakub-her

Esaü = Sheshi

Joseph = Khyan-Seth

Manasseh = Yanassi

Epraïm = Apepi-Ré (ïm)

Ezer = Âa-ouser-Ré

Shemida = Khamoudi

Or, depuis la publication de mon livre, une équipe d’archéologues autrichiens a retrouvé un sceau royal dans le Delta égyptien qui témoigne bel et bien de liens diplomatiques entre Hammourabi et les Hyksos. Le Dr Manfred Bietak, chef de mission, explique que cette découverte pourrait bien avoir des répercussions importantes sur notre compréhension de l’histoire: «Ils sont la preuve que les Hyksos entretenaient des liens diplomatiques et des relations avec le Proche-Orient jusqu’au sud de la Mésopotamie », dit-il.

Par ailleurs, voilà à peine quelques jours, une autre équipe d’archéologues autrichiens annonçait avoir localisé par radar la ville d’Avaris, la capitale des Hyksôs. Avec un peu de chance, ils découvriront les preuves qui viendront confirmer (ou infirmer) les liens que je propose entre les descendants d’Abraham et ces fameux Hyksôs. Mais il nous  faudra encore être patients…

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