Femmes voilées: Coupables de non-assistance à personne en danger?
Publié par bernardlamborelle dans Réflexion, Société, Éthique et religion, tags: burqa, Fédération des femmes du Québec (FFQ), hijab, khimar, niqab, port du voile, tchadorRarement un symbole religieux aura soulevé autant les passions que le port du voile. Pas surprenant : il s’agit d’un signe extérieur très visible aux messages paradoxaux.
En justifiant cette pratique séculaire par leurs convictions religieuses, ses partisans opposent une fin de non-recevoir à toute argumentation logique qui vise à la condamner.
Il faut reconnaître qu’en Occident, un nombre croissant de femmes musulmanes voient dans le port du voile un symbole d’émancipation, d’appartenance culturelle et d’affirmation de leur foi. Elles revendiquent le droit d’afficher leurs convictions, tout en exprimant dans la foulée, consciemment ou non, un rejet des valeurs occidentales.
Là où le bât blesse, c’est que dans bien des pays islamiques, le port du voile n’a pas du tout le même sens. Il s’agit au contraire d’un symbole qui opprime, restreint et viole le droit des femmes. Imposé par une doctrine misogyne intolérante, il s’appuie sur des préceptes archaïques qui nient aux femmes le droit à l’émancipation.
Mais à quelle catégorie la femme voilée québécoise appartient-elle? Se sent-elle opprimée ou libérée?
Et c’est bien là le nœud du problème. En défendant le port du voile comme un droit fondamental, les musulmanes québécoises appuyées par le mouvement de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) mêlent les cartes et jouent le dangereux jeu des islamistes. Sans le vouloir, elles entretiennent la confusion et offrent aux intégristes de tout acabit le cadre idéal dans lequel ils peuvent poursuivre en toute impunité leur campagne de répression, de dénigrement et de violence.
Mais on ne peut ignorer le drame humain et social qui se joue dans ces pays arabes. Des femmes militantes y mettent quotidiennement leur vie en danger pour réclamer et défendre leurs droits. Elles ont bien besoin de notre aide.
Tant que les mouvements féministes réclameront ce droit au nom d’une vague liberté, il demeurera difficile de s’opposer au port du voile. Une majorité d’organisations et de partis politiques n’oseront se prononcer dans la peur de perdre quelques voix ou d’être perçus comme intolérants ou xénophobes.
Mais n’oublions pas que la liberté des unes ne devrait jamais se revendiquer au détriment de celle des autres. Il appartient donc aux femmes musulmanes du Québec de prendre clairement position et de rejeter d’elles-mêmes le port du voile en guise de solidarité avec leurs consœurs de l’étranger victimes des intégristes, car en portant le voile pour revendiquer leur cause, ne se rendent-elles pas indirectement coupable de non-assistance à personne en danger?









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