Archives pour la catégorie “Réflexion”
Connaissez-vous une seule personne qui soit pro-avortement? Moi pas. En fait, personne ne milite « en faveur » de l’avortement. C’est toujours une décision douloureuse et un terrible drame humain et émotionnel pour celles (et ceux) qui ont à le vivre. Et même si je ne considère pas que l’avortement soit une solution idéale, je crois profondément au respect des libertés fondamentales et suis foncièrement pro-choix. Je veux que mes filles, mes amies et toutes les femmes qui en éprouvent le besoin puissent continuer à choisir elles mêmes s’il convient ou non de mettre un terme à une grossesse non désirée. Je ne veux pas que quelqu’un d’autre - le Premier ministre Harper, le Cardinal Ouellet ou un groupe de pression - ne contrôle leur corps.
Faut-il rappeler que moins d’une femme sur deux dans le monde peut se prévaloir d’un avortement sécuritaire et sans contraintes? Pour une sur trois, il n’est autorisé qu’en cas de viol ou si la santé de la mère est menacée. Pour toutes les autres, soit le quart d’entre elles, il est carrément interdit. Mais ne nous leurrons pas, nombreuses sont celles qui choisissent de se faire charcuter à l’aide de broches à tricoter ou d’un cintre tant elles sont désespérées…

En affirmant que même le viol ne devrait pas servir d’excuse, le Cardinal assume au moins ses convictions. Mais n’est-il pas paradoxal que certains États acceptent l’avortement dans les cas viol? Ne se rendent-ils pas automatiquement coupable de « viol collectif » dans les autres cas? Sinon, comment qualifier l’usage abusif de la force pour contraindre une mère à subir une grossesse qu’elle ne désire pas?
Pour justifier leur position, les militants pro-vies argumentent que la vie humaine débute à l’instant de la fécondation. Pourtant, le spermatozoïde et l’œuf sont déjà très en vie. Et, s’il est indéniable qu’une autre « forme » de vie se met en marche au moment de la fécondation, leur raisonnement est incomplet, car l’avortement ne permet pas tant d’enlever la vie que de l’interrompre. En effet, le fœtus n’est qu’un être humain en devenir. Il n’en a encore ni la conscience, ni l’expérience. Or, on ne peut enlever que ce que l’on a déjà possédé…
Si les pro-vie cherchent tant à restreindre le libre choix pour imposer leur morale, ne serait-ce pas plutôt qu’ils cherchent à sauver l’âme de ce fœtus? Mais alors, il importe de se questionner sur ce qu’est l’âme? Ce mot provient du latin anima qui a donné « animé », « animation », « animal ». Les émotions qui y sont rattachées et l’importance qu’on lui accorde varient largement en fonction de la culture et des croyances religieuses. Pour les philosophes grecs qui cherchent à comprendre le monde, l’âme, c’est l’esprit qui anime la matière. Si elle est immortelle pour les monothéistes, elle ne l’est pas pour les bouddhistes et les athées, pour qui l’âme ne survit pas à la mort.
En démontrant plus de compassion pour le fœtus à naître que pour la mère qui le porte, les lobbys pro-vie cherchent de toute évidence à imposer certaines valeurs à l’ensemble de la population. Malgré leur appellation trompeuse, c’est bien davantage leurs convictions religieuses que la vie qu’ils cherchent à défendre.
Comment réagirait le Cardinal si les islamistes lui imposaient le Coran et la charia? Car sur le fond, le même problème se pose, soit celui de l’imposition d’une vision différente de ce qu’est la vie et la finalité divine par la menace ou la contrainte.
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Le 4 mai 2009, une soixantaine de personnes se réunissaient pour le lancement de Quiproquo sur Dieu à l’élégante lunetterie Georges Laoun du Musée des Beaux Arts de Montréal. Il y avait de la magie dans l’air! J’étais convaincu qu’un essai historique proposant une relecture des textes et démontrant, preuves à l’appui, que ce n’est sans doute pas avec un être divin qu’Abraham avait conclu sa célèbre Alliance, mais avec un roi de l’Antiquité, ne manquerait pas d’éveiller la curiosité et l’intérêt de quelques médias.
Mais un an après avoir remué ciel et terre et expédié livres et dossiers de presse tous azimuts, force est de constater que très peu de journalistes ont fait mention du livre. Serait-ce l’expression d’un manque d’intérêt pour le sujet? Sur réception du livre, par exemple, Pierre Foglia m’a envoyé paître d’un ton grognon : « … vous n’imaginez pas comme je me soucie peu d’élucider la véritable identité du seigneur d’Abraham »!
Pourtant, avec les trois milliards d’adeptes que comptent les religions monothéistes, personne ne contestera que la remise en question de celui qu’on nomme « Dieu » ne soit pas une nouvelle significative ou d’actualité. Il suffit de penser à la situation au Proche Orient ou plus près de chez nous aux débats entourant les accommodements raisonnables, la charte de laïcité ainsi que les cours d’éthique et de religion pour comprendre que ces débats bénéficieraient grandement d’un nouvel éclairage sur l’origine de ces religions.
Une argumentation trop faible ou une écriture indigeste aurait pu rebuter les lecteurs. Mais les commentaires reçus dépassent les attentes. Certains lecteurs vont jusqu’à comparer l’ouvrage aux travaux de Galilée, Darwin et Durkheim.
Jacques Godbout met-il le doigt sur une partie du problème lorsqu’il écrit : « C‘est aussi une thèse qui va choquer et peu de médias oseront y faire allusion ». Pourtant, ces mêmes médias se régalent des histoires de pédophiles qui affligent l’Église.
Reste l’épineuse question de la crédibilité. N’étant ni historien, ni théologien, je n’ai en effet aucune lettre de créance dans le domaine de l’étude des textes bibliques. Le scepticisme est donc de mise. En effet, comment un illustre inconnu pourrait-il parvenir à résoudre pareille énigme? En ce sens, je me perçois un peu comme l’autodidacte Ben Weider défendant sa thèse sur l’assassinat de Napoléon devant des historiens incrédules. Et si je m’étais assez bien préparé à essuyer les critiques les plus vives, j’avoue candidement ne pas m’être attendu à l’indifférence, et ce, même si mon éditrice et d’autres personnes du milieu m’avaient prévenu : il faudra de la patience et du temps! Je croyais naïvement que la curiosité pousserait quelques chroniqueurs à s’enquérir de mes travaux et que, bon an, mal an, on finirait par en parler. S’ils sont restés muets, je crois que c’est parce qu’ils attendent le signal d’un spécialiste reconnu. En effet, nombre d’entre eux ne se sentent pas aptes à juger du contenu et le problème des origines du Pentateuque est si complexe et les informations disponibles si peu fiables et contradictoires qu’il est effectivement difficile en ce domaine de trier le bon grain de l’ivraie.
Quant aux spécialistes, ils n’apprécient guère qu’un inconnu vienne « jouer sur leurs plates-bandes ». Voici les arguments qu’ils avancent pour refuser de lire mon livre :
- Ils rappellent que les innombrables tentatives passées se sont buttées à de lamentables échecs en essayant de « résoudre la Bible ».
- Ils estiment que l’approche historico-critique appartient au siècle dernier, qu’elle a été totalement épuisée et que toute nouvelle tentative ne peut que répéter les erreurs passées.
- Ils m’accusent de faire preuve d’un certain « fétichisme » des nombres et d’un trop grand désir de « perfection ».
- Ils me reprochent de ne pas avoir reçu une formation adéquate. À leurs yeux, cela revient à dire que je n’ai pas suffisamment de rigueur et que j’ai forcément procédé à une sélection des faits pour valider mes propres hypothèses.
- Ils jugent « improbable » l’idée que Hammourabi ait pu faire alliance avec le gouverneur d’une région aussi éloignée de Babylone.
- Ils acceptent (et enseignent) l’idée qu’Abraham n’a jamais existé, l’archéologie n’ayant relevé aucune trace de religion monothéiste au Bronze moyen.
- Ils estiment que les textes bibliques sont peu fiables et dénués de valeur historique.
- Ils me reprochent enfin une méconnaissance des enjeux théologiques et une lecture littérale dépassée qui ne laisse pas suffisamment place à une interprétation herméneutique moderne.
Pour toutes ces raisons, ils se méfient de mon travail et qualifient mon entreprise « d’improbable, de futile », voire « de prétentieuse ». Or, tous ceux qui ont lu mon livre savent que si mon approche est atypique, l’analyse des faits que je propose est inédite, pertinente et mérite l’attention. Je crois avoir réussi à présenter des résultats honnêtes avec une certaine retenue.
Ayant compris que la partie serait longue, je me suis inscrit en janvier dernier à la Faculté de Théologie de l’Université de Montréal. Je poursuis par ailleurs mes lectures et mes recherches dans le but de parfaire ma thèse. C’est ainsi que j’ai récemment rédigé le document Une exégèse dissociative du principe d’unicité afin de permettre aux spécialistes de mieux comprendre comment ma démarche s’insère dans les réflexions et les recherches passées.
Bien entendu, seules de nouvelles découvertes archéologiques nous apporteront des preuves concrètes. À ce chapitre, l’annonce, il y a quelques semaines, par l’archéologue Timothy Harrison de la découverte d’une tablette d’argile décrivant un traité « écrit dans un langage très stéréotypé et très similaire dans la forme et le style à l’histoire de l’Alliance d’Abraham avec Dieu dans la Bible hébraïque » a de quoi me réjouir. Elle donne de la crédibilité à la thèse que je développe en confirmant que les termes de l’alliance ont effectivement pu servir de document légal.
Après huit années de travail, je n’ai toujours trouvé aucun argument sérieux susceptible d’ébranler ma thèse et je ne crois pas avoir péché par omission. Je constate, jour après jour, que la réaction au livre suit toujours la même évolution : l’incrédulité et le scepticisme font lentement place à la surprise et à l’étonnement.
Comme Thomas Kuhn l’a élégamment énoncé, « un nouveau paradigme ne peut naître qu’en rompant avec les certitudes du passé ». C’est en questionnant les prémisses de base et en posant de nouvelles hypothèses que je crois apporter des réponses claires, précises et satisfaisantes qui expliquent l’origine du « mythe » d’Abraham et le flou dans lequel nous avons baigné. Il n’est aucunement nécessaire de recourir à des citations hors contexte, à de mystérieuses symboliques ou à une construction de l’esprit pour en saisir toute la portée. En fin de compte, si la théorie que je développe dans Quiproquo sur Dieu a du mérite, le temps finira par faire son œuvre. Cette première année s’achève donc quand même sur une note très positive.
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Naïma, est cette jeune musulmane égyptienne qui s’est fait expulser du collège St-Laurent après avoir refuser de retirer son voile en classe. Hier soir, elle apparaissait sur les chaines de télé pour réclamer le droit de se vêtir comme elle l’entend.

Lorsque nous faisons partie d’un système de croyances, celles-ci nous paraissent non seulement justes et bien fondées, mais aussi meilleures que les autres. Sinon, pourquoi y adhérer, surtout lorsqu’elles nous imposent des contraintes? C’est évidemment le cas pour l’immense majorité de musulmanes qui portent le voile (au sens large : hijab, niqab et burqa) par conviction, honneur et fierté. Elles sont convaincues de poser un acte de piété « positif » et trouvent sans doute très pénible de se faire dévisager par les passants malvenants.
Ce qu’elles ne semblent pas réaliser, c’est que tous les symboles religieux ostentatoires sont intrinsèquement antisociaux. Ils contribuent par leur « visibilité » à creuser des fossés d’incompréhension dans un monde où l’antagonisme est déjà trop souvent la règle. C’est particulièrement vrai avec l’islam : le port du voile prend une dimension politique importante. Dans la sphère privée, chacun a le droit à ses croyances et à ses opinions, mais porter le voile, c’est clamer haut et fort que l’on accorde préséance à la religion islamique. En plus de se couvrir la tête par pudeur ou respect, la personne voilée affiche clairement ce message: « Je me soumets aux valeurs et aux lois édictées par l’Islam, car elles sont supérieures aux autres. » Ce faisant, le voile sert à établir une hiérarchie où celles qui le portent se situent en haut. Voilà qui peut-être perçu comme une forme de discrimination exercée par une minorité envers la majorité. Et c’est précisément ce sentiment qui dérange.
En se voilant dans la sphère publique, les musulmanes modérées et émancipées donnent l’impression de rejeter nos valeurs et d’adhérer aux idéaux d’une minorité radicale islamiste qui s’empresse de récupérer cette illusion en affirmant haut et fort parler au nom de l’islam et de tous les musulmans. Marc Lebuis, Directeur de Point de Bascule affirme que « Le problème central, c’est la montée de l’islam politique, et non les signes religieux ». Sur le fond il a raison, par contre, il ne faut pas oublier que le voile sert également d’étendard aux mouvements islamistes. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer la brutalité avec laquelle la police des mœurs iranienne sévit.
Il serait réducteur de prêter les mêmes motivations à toutes ces femmes. Mais en portant le voile, les musulmanes jouent le jeu des islamistes. Elles se transforment en agentes de propagande efficaces, car elles avalisent tacitement le phénomène de la répression, au détriment de leurs consœurs de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan, du Yémen, de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte qui sont opprimées, abusées et violentées au nom d’un islam fondamentaliste, misogyne et rétrograde. Et quand elles vont jusqu’à militer pour revendiquer « le droit » de s’enfermer, c’est un message de soutien encore plus fort qu’elles envoient à ces barbares.
Bien entendu, par nos prises de positions et nos actions quotidiennes, nous pouvons faire partie du problème ou de la solution. Nos mesures de sécurité obsessives, notre regard méprisant, notre méfiance malsaine et notre rejet à peine voilé « des arabes » renforcent la solidarité musulmane et la montée du fondamentalisme. En mettant « les islamistes » au banc des accusés, sans clairement tendre la main aux modérés, nous risquons de causer un préjudice irréparable. En feignant d’ignorer le problème, notre gouvernement aggrave la situation, car nos alliés naturels – les musulmans qui ont cherché refuge dans nos sociétés afin de fuir ces régimes fascistes – font les frais d’un ressentiment généralisé.
J’aimerais inviter Naïma et toutes les femmes musulmanes « libérées » à poser un geste concret et ne pas porter le voile ce lundi 8 mars, en guise de solidarité pour celles qui croupissent sous le voile du viol et qui ne connaîtront probablement jamais le luxe de pouvoir choisir…
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Sans doute comme bon nombre de mes concitoyens, j’avais oublié, ces quelques mots enchâssés dans la Charte canadienne des droits et libertés dont Andréa Richard et Jean-Claude Hébert m’ont rappelé l’existence :
« Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit » …
Promulguée par Pierre Eliott Trudeau, la Charte fut adoptée en 1982. Elle a donc été pensée et écrite il y a une trentaine d’années, à une époque où l’ennemi juré des États-Unis était l’URSS… alors en guerre contre les Afghans!
Ce monde aux vues antagonistes séparant les bons des méchants a bien changé. Mes concitoyens participent aujourd’hui activement à la création d’une mosaïque sociale qui s’étend à l’échelle planétaire. Le « village global » est devenu une réalité qui offre des possibilités nouvelles, certes, mais avec laquelle il faut également composer. Partout, les « minorités visibles » sont en voie de devenir la norme.
Pourtant, l’énoncé de ce préambule est demeuré inchangé: la Charte canadienne est soumise à la suprématie d’un Dieu unique. Certains pourraient être tentés d’en minimiser la portée. Toutefois, la jurisprudence a démontré que les juges de la Cour suprême ont eu recours à celui-ci afin de clarifier l’interprétation qu’il fallait donner à certains articles.
Or, s’il y avait jadis consensus au sein de nos dirigeants blancs et catholiques, l’heure est maintenant venue d’exiger de nos politiciens - ou de nos tribunaux - qu’ils définissent ce « Dieu » omnipotent, garant de notre Charte. En effet, la liberté de religion autorise à chacun de définir ce terme ambigu. Entre Jésus, Yahvé, Allah, Ganesh, Mazu et Manitou, ce n’est certainement pas le choix qui manque. Incidemment, à quels Écrits les juges doivent-ils se référer pour interpréter cette suprématie? À quoi - ou à qui - les Canadiens doivent-ils se soumettre? Bref, comment la Cour suprême du Canada peut-elle juger du bien-fondé d’une cause ou des actions de ces citoyens sans même connaître la réponse à cette prémisse?
Il est utopique d’espérer aujourd’hui une réponse, car plus personne n’osera imposer un Dieu, quel qu’il soit, par crainte de soulever l’ire d’une partie importante de la population. Bref, cette mention discriminatoire, héritée d’une autre époque, va à l’encontre de ce que la Charte est précisément censée défendre. Le gouvernement canadien n’a donc d’autre choix que de la biffer et d’affirmer solennellement la laïcité de nos institutions. En n’étant pas lui-même juge et parti, le Canada respectera l’esprit de la Charte et assurera la pérennité de la paix sociale.
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Ceux qui croient encore que l’on publie au Québec pour faire de l’argent n’ont pas compris la dynamique de l’économie québécoise. Certains disent qu’il suffit de vendre 3,000 exemplaires d’un livre pour que celui-ci soit considéré comme un best-seller. D’autres disent que la moitié suffit. Peu importe, cela donne une bonne idée de la petitesse du marché!
Le véritable salaire de l’auteur, celui pour lequel il passe des années à réfléchir et à écrire, ce sont les quelques commentaires, critiques et témoignages des lecteurs. Je les accumule précieusement!
Voici la critique de monsieur Richard Lefrançois, professeur associé à l’Université de Sherbrooke, chercheur à l’institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke et chroniqueur au journal la Tribune de Sherbrooke. Elle mérite d’être partagée.
“L’essai historique de Bernard Lamborelle, Quiproquo sur Dieu publié chez Éditas, propose une relecture passionnante du Livre des Patriarches de la Bible, plus précisément l’histoire d’Abraham (qui incidemment n’aurait jamais existé), en lien avec l’Alliance sacrée conclut avec Yahvé , de même que d’autres épisodes qui se rattachent à cette période du Bronze moyen. L’auteur parvient, de façon convaincante et rigoureuse, à attribuer un sens nouveau et intelligible à plusieurs événements historiques (p. ex. la destruction des cités pécheresses de Sodome et Gomorrhe), en les recadrant historiquement et en les resituant soigneusement dans leur contexte sociopolitique. Lamborelle démontre de façon éclatante que les grandes religions monothéistes occidentales se sont fourvoyées quant à l’identité du soi-disant Seigneur d’Abraham. Celui-ci était en fait le roi Hammourabi de Babylone. L’auteur appuie son raisonnement sur une triple démarche d’administration de la preuve, à savoir des preuves logiques (à mes yeux, il s’agit plus précisément d’une analyse contextuelle et sociohistorique), des preuves chronologiques (nouvelle périodisation en tenant compte du système de datation sexagésimal de l’époque) et des preuves dendrochronologiques (ce qui permet de revoir la périodisation d’événements, comme les sécheresses, grâce à l’analyse des anneaux de croissance du bois, et conséquemment des artefacts).
Comme sociologue et méthodologue en recherche sociale, j’ai lu au cours de ma carrière bon nombre de rapports de recherche, d’articles scientifiques, de thèses et autres écrits, ce qui m’a permis d’aiguiser mon sens critique, de séparer pour ainsi dire «le bon grain de l’ivraie». Je puis avancer que Quiproquo sur Dieu se classe, sans l’ombre d’un doute, dans la catégorie des excellents essais historiques. J’ai particulièrement apprécié la richesse de la documentation, le souci des détails qui prennent de l’importance au fil de la lecture de l’essai, la logique et la structure de l’exposé, l’enchaînement cohérent des idées et des observations, le souci de faciliter la compréhension en ajoutant des résumés et des tableaux.
Quant au fond, j’ai été particulièrement séduit par la réinterprétation des fausses croyances, l’énumération des contradictions soulevées à propos des textes sacrés, la démonstration d’une frontière étroite entre le mythe et la réalité, les confusions soulevées à propos des notions de dieu, de demi-dieu et de Seigneur, et la volonté des grands de cette époque d’être déifié, de vivre une vie à la fois charnelle et spirituelle.
Somme toute, il est admirable qu’un ingénieur, non initié «académiquement» aux méthodes historiques, mais passionné pour l’histoire, habile en recherche et maniant bien la plume, ait eu le courage d’entreprendre et de mener à terme un projet aussi colossal que de réinterroger le récit des Patriarches. Et qu’en plus le résultat soit convaincant a de quoi impressionner! C’est définitivement un livre à lire et relire pour bien s’imprégner de toute sa richesse.”
- Richard Lefrancois, Ph.D.
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Je ne suis ni théologien, ni historien, ni écrivain et encore moins romancier et je n’ai nullement l’intention de gagner ma vie en écrivant de la fiction ou en cassant du sucre sur le dos des églises.
Quiproquo sur Dieu est né d’une longue démarche sincère visant à mieux comprendre l’origine des Écrits bibliques. Au cours de mes recherches, j’ai découvert de nombreux éléments d’information qui m’ont amené à questionner l’interprétation classique du récit des Patriarches. Une fois la boîte de Pandore entrouverte, il n’était plus question de faire demi-tour.
Dès que je me suis engagé sur cette piste, tous les éléments analysés ont commencé à converger vers une solution unique, logique et cohérente. J’ai longtemps cherché des indices qui auraient pu réfuter ces trop nombreuses « coïncidences ». Mais les preuves ont continué à s’accumuler. Elles reposent sur un ensemble de démonstrations logiques, chronologiques et dendrochronologiques qui se recoupent avec une précision étonnante.
Pourtant, force est d’admettre qu’à ce jour, aucune trace de ce personnage ou de sa pensée fondatrice n’a jamais été retrouvée. Alors comment prétendre établir des « preuves » tangibles quand les plus grands spécialistes n’arrivent même pas à s’entendre sur l’aspect historique d’Abraham?
Bien que cela puisse paraître paradoxal, mon ouvrage abonde dans le sens de toutes les recherches archéologiques : Abraham, père fondateur des trois grandes religions, n’a jamais existé!
Bien que modeste, mon apport pourrait bouleverser certaines croyances. Dans sa plus simple expression, il consiste a dissocier les termes Yahvé et Élohim - que l’on confond depuis toujours - et à reconnaître en « Yahvé » un seigneur puissant, et en « Élohim » un dieu païen. Cette étape m’a permis d’orienter mes recherches sur l’identité du seigneur d’Abraham plutôt que sur Abraham lui-même. J’ai été fasciné de découvrir dans le récit de la Genèse (Chapitres 12-25) un double sens très révélateur et étonnamment précis.
Les chronologies comparées m’ont permis un rapprochement avec une figure historique connue : Hammourabi, roi de Babylone. Ce choix est très crédible, car les dates, les événements, le profil culturel, ainsi que les motivations de chacun offrent des concordances étonnantes qui transcendent la simple coïncidence.
Maintenant que j’ai publié le fruit de mes recherches, je laisse aux autres le soin d’émettre les critiques qui s’imposent. Jusqu’à présent, les attaques les plus virulentes proviennent de ceux qui n’ont pas lu mon livre. Beaucoup s’imaginent à tort que la théorie que j’avance est farfelue, car elle semble aller à l’encontre des théories modernes voulant qu’Abraham n’ait jamais existé. Tel n’est pas le cas.
Pour l’instant, la théorie que je propose suscite davantage l’intérêt auprès des athées que des croyants. Mais je suis confiant que les choses vont évoluer, car si Abraham avait bel et bien conclu une Alliance avec Hammourabi, plutôt qu’avec « Dieu », ne serait-il pas préférable de le savoir que de continuer à l’ignorer?
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C’est avec la conviction inébranlable de celui qui se perçoit comme un instrument au service du divin que le Guide suprême de la Révolution islamique, l’Ayatollah Ali Khamenei, cherche toujours à imposer au peuple d’Iran le choix d’Ahmedinejab, même au prix d’une effusion de sang.
Malheureusement, de trop nombreux dirigeants - en Orient comme en Occident - s’appuient encore largement sur leur foi, plutôt que sur des valeurs humanistes et éthiques, lorsqu’ils sont confrontés à des choix difficiles.
Dans Crainte et tremblement, le philosophe Sören Kierkegaard (1813-1855), reconnu aujourd’hui comme le père de l’existentialisme chrétien, reconnaît que l’homme peut être appelé à prendre des décisions qui vont à l’encontre de l’éthique lorsqu’il s’agit de se soumettre à la volonté divine, car « il n’existe pas de plus grande vérité que celle de Dieu ». Pour Kierkegaard, la vérité n’est donc pas une notion objective, rationnelle comme elle peut l’être pour Hegel, mais plutôt une certitude propre, une intimité située au cœur même de l’individu qui repose sur la relation qu’il entretient avec Dieu.
Comme tout bon fondamentaliste, Kierkegaard développe son argumentation en s’appuyant largement sur la bible, notamment sur le passage où Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils. En effet, comment Dieu, source ultime de toute loi, peut-il ordonner ce meurtre qui viole ses propres lois? Confronté à un choix éthiquement inacceptable, Abraham accepte de suspendre temporairement son bon sens naturel et de s’en remettre à la « volonté divine ». C’est dans sa foi intime et profonde, nous dit-on, qu’Abraham puise son courage, car il sait que Dieu ne peut faire d’erreur. C’est donc sa « foi » qui le pousse à mettre de côté sa logique et ses valeurs éthiques et morales pour obéir aux commandements de Dieu.
Dans Quiproquo sur Dieu, notre recherche aboutit à une constatation nettement plus plausible : Abraham n’obéissait pas à un « Dieu », mais à un roi puissant de Mésopotamie qui cherche à garder sous sa férule la terre de Canaan. Du coup, la logique de Kierkegaard s’effondre, entraînant avec elle celle des fondamentalistes religieux qui s’appuient sur la même interprétation fallacieuse des textes pour soutenir leur argumentation.

La mort tragique de Neda Sultani nous rappelle encore une fois qu’il est urgent de militer en faveur d’une Charte de la laïcité afin d’assurer une parfaite étanchéité entre les religions et les organes de pouvoir. Seuls, des institutions véritablement démocratiques et un enseignement éthique de qualité permettront l’instauration d’une paix durable.
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Rarement un symbole religieux aura soulevé autant les passions que le port du voile. Pas surprenant : il s’agit d’un signe extérieur très visible aux messages paradoxaux.
En justifiant cette pratique séculaire par leurs convictions religieuses, ses partisans opposent une fin de non-recevoir à toute argumentation logique qui vise à la condamner.
Il faut reconnaître qu’en Occident, un nombre croissant de femmes musulmanes voient dans le port du voile un symbole d’émancipation, d’appartenance culturelle et d’affirmation de leur foi. Elles revendiquent le droit d’afficher leurs convictions, tout en exprimant dans la foulée, consciemment ou non, un rejet des valeurs occidentales.

Là où le bât blesse, c’est que dans bien des pays islamiques, le port du voile n’a pas du tout le même sens. Il s’agit au contraire d’un symbole qui opprime, restreint et viole le droit des femmes. Imposé par une doctrine misogyne intolérante, il s’appuie sur des préceptes archaïques qui nient aux femmes le droit à l’émancipation.
Mais à quelle catégorie la femme voilée québécoise appartient-elle? Se sent-elle opprimée ou libérée?
Et c’est bien là le nœud du problème. En défendant le port du voile comme un droit fondamental, les musulmanes québécoises appuyées par le mouvement de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) mêlent les cartes et jouent le dangereux jeu des islamistes. Sans le vouloir, elles entretiennent la confusion et offrent aux intégristes de tout acabit le cadre idéal dans lequel ils peuvent poursuivre en toute impunité leur campagne de répression, de dénigrement et de violence.
Mais on ne peut ignorer le drame humain et social qui se joue dans ces pays arabes. Des femmes militantes y mettent quotidiennement leur vie en danger pour réclamer et défendre leurs droits. Elles ont bien besoin de notre aide.
Tant que les mouvements féministes réclameront ce droit au nom d’une vague liberté, il demeurera difficile de s’opposer au port du voile. Une majorité d’organisations et de partis politiques n’oseront se prononcer dans la peur de perdre quelques voix ou d’être perçus comme intolérants ou xénophobes.
Mais n’oublions pas que la liberté des unes ne devrait jamais se revendiquer au détriment de celle des autres. Il appartient donc aux femmes musulmanes du Québec de prendre clairement position et de rejeter d’elles-mêmes le port du voile en guise de solidarité avec leurs consœurs de l’étranger victimes des intégristes, car en portant le voile pour revendiquer leur cause, ne se rendent-elles pas indirectement coupable de non-assistance à personne en danger?
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Bien des scientifiques avant Galilée ont prétendu que la terre était ronde. Eratosthène, qui a vécu 200 ans av. J.-C., avait déjà estimé sa circonférence avec une étonnante précision. Copernic développa la thèse de l’héliocentrisme, c’est-à-dire l’idée que c’est la terre qui tourne autour du soleil, et non l’inverse. Mais craignant la réaction de l’Église, il retarde la publication de son œuvre jusqu’à la toute fin.
C’est en observant Jupiter avec une lunette d’approche que Galilée découvre des lunes en orbite autour de la planète. Cette observation le convainc que Copernic avait vu juste et que la terre suivait sans doute un mouvement semblable autour du soleil. Il s’employa dès lors à défendre cette théorie cohérente et rationnelle qui fait foi depuis.
 Galilée devant le tribunal
Or, les plus grands esprits religieux de l’époque étaient convaincus que la Terre était plate et qu’elle se trouvait au centre de l’univers. Ils en avaient même fait un dogme. Effectivement, sans connaître la loi de la gravité, il est difficile de s’imaginer comment des hommes peuvent tenir debout, tête en bas, sans tomber!
Traduit devant le tribunal de l’Inquisition, il dut se rétracter.
C’est en faisant fi des idées préconçues que Galilée a su jeter un regard neuf sur l’objet de son étude. Einstein procéda de la même manière en avançant sa théorie de la relativité (la vision qu’a l’observateur se modifie avec son déplacement). Et dans L’allégorie de la caverne, Platon avait déjà réfléchi à cette discordance entre la réalité et la perception qu’on en a.
L’idée que le « seigneur » d’Abraham n’était probablement qu’un homme va à l’encontre des préceptes et des dogmes établis par les religions juive, chrétienne et islamique. Poser la question de son identité risque de soulever des passions.
Que dira-t-on d’ici quelques siècles de ceux qui prétendent aujourd’hui que le seigneur d’Abraham était un être « divin »?
 ONU
Le 26 mars dernier, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU adoptait, par une majorité des pays membres, une résolution controversée visant à interdire la « diffamation d’une religion ». Très dangereuse, cette nouvelle position de l’ONU, car l’interdiction de la critique peut mener à de graves dérives. Le livre Quiproquo sur Dieu sera-t-il perçu par certains comme une « incitation à la haine religieuse »? Bref, suis‑je un hors-la-loi en puissance?
Sans doute excédés de se faire pointer du doigt par l’Occident comme liés au terrorisme international, des pays fondamentalistes se servent aujourd’hui de nos institutions démocratiques dans l’espoir de faire taire toute critique. En outre, certaines institutions contrôlent, manipulent et terrorisent leur population au nom de lois iniques.
Le peuple qui vit dans la censure subit une forme de génocide intellectuel. La question peut se poser partout sur la planète : qui, dans l’appareil décisionnel, décrète ce qui est bien ou mal, qui détient le pouvoir de sanctionner, selon quelle morale et en poursuivant quel objectif? Des extrémistes de tout crin risquent de prendre en otage les institutions démocratiques. Pour garantir notre liberté d’expression, il importe d’opposer un refus ferme aux demandes formulées au nom d’une soi-disant liberté de culte.
Près de cinq cents ans après Galilée, les mentalités ont-elles vraiment évolué? En exposant sa théorie, Galilée ne s’est pas soucié des ouï-dire. Il n’a pas craint de heurter les idées reçues de son époque. Son seul objectif était de faire évoluer la connaissance. À quelques jours du lancement de mon livre, je suis conscient que la théorie que je présente risque d’être perçue par les tenants de certaines religions comme une attaque et de m’attirer l’anathème de leurs fondamentalistes. Et ce, même si les preuves sont convaincantes et remettent en question l’interprétation théologique classique.
Alea jacta est!
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