Archives pour la catégorie “Société”
Connaissez-vous une seule personne qui soit pro-avortement? Moi pas. En fait, personne ne milite « en faveur » de l’avortement. C’est toujours une décision douloureuse et un terrible drame humain et émotionnel pour celles (et ceux) qui ont à le vivre. Et même si je ne considère pas que l’avortement soit une solution idéale, je crois profondément au respect des libertés fondamentales et suis foncièrement pro-choix. Je veux que mes filles, mes amies et toutes les femmes qui en éprouvent le besoin puissent continuer à choisir elles mêmes s’il convient ou non de mettre un terme à une grossesse non désirée. Je ne veux pas que quelqu’un d’autre - le Premier ministre Harper, le Cardinal Ouellet ou un groupe de pression - ne contrôle leur corps.
Faut-il rappeler que moins d’une femme sur deux dans le monde peut se prévaloir d’un avortement sécuritaire et sans contraintes? Pour une sur trois, il n’est autorisé qu’en cas de viol ou si la santé de la mère est menacée. Pour toutes les autres, soit le quart d’entre elles, il est carrément interdit. Mais ne nous leurrons pas, nombreuses sont celles qui choisissent de se faire charcuter à l’aide de broches à tricoter ou d’un cintre tant elles sont désespérées…

En affirmant que même le viol ne devrait pas servir d’excuse, le Cardinal assume au moins ses convictions. Mais n’est-il pas paradoxal que certains États acceptent l’avortement dans les cas viol? Ne se rendent-ils pas automatiquement coupable de « viol collectif » dans les autres cas? Sinon, comment qualifier l’usage abusif de la force pour contraindre une mère à subir une grossesse qu’elle ne désire pas?
Pour justifier leur position, les militants pro-vies argumentent que la vie humaine débute à l’instant de la fécondation. Pourtant, le spermatozoïde et l’œuf sont déjà très en vie. Et, s’il est indéniable qu’une autre « forme » de vie se met en marche au moment de la fécondation, leur raisonnement est incomplet, car l’avortement ne permet pas tant d’enlever la vie que de l’interrompre. En effet, le fœtus n’est qu’un être humain en devenir. Il n’en a encore ni la conscience, ni l’expérience. Or, on ne peut enlever que ce que l’on a déjà possédé…
Si les pro-vie cherchent tant à restreindre le libre choix pour imposer leur morale, ne serait-ce pas plutôt qu’ils cherchent à sauver l’âme de ce fœtus? Mais alors, il importe de se questionner sur ce qu’est l’âme? Ce mot provient du latin anima qui a donné « animé », « animation », « animal ». Les émotions qui y sont rattachées et l’importance qu’on lui accorde varient largement en fonction de la culture et des croyances religieuses. Pour les philosophes grecs qui cherchent à comprendre le monde, l’âme, c’est l’esprit qui anime la matière. Si elle est immortelle pour les monothéistes, elle ne l’est pas pour les bouddhistes et les athées, pour qui l’âme ne survit pas à la mort.
En démontrant plus de compassion pour le fœtus à naître que pour la mère qui le porte, les lobbys pro-vie cherchent de toute évidence à imposer certaines valeurs à l’ensemble de la population. Malgré leur appellation trompeuse, c’est bien davantage leurs convictions religieuses que la vie qu’ils cherchent à défendre.
Comment réagirait le Cardinal si les islamistes lui imposaient le Coran et la charia? Car sur le fond, le même problème se pose, soit celui de l’imposition d’une vision différente de ce qu’est la vie et la finalité divine par la menace ou la contrainte.
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Ceux qui croient encore que l’on publie au Québec pour faire de l’argent n’ont pas compris la dynamique de l’économie québécoise. Certains disent qu’il suffit de vendre 3,000 exemplaires d’un livre pour que celui-ci soit considéré comme un best-seller. D’autres disent que la moitié suffit. Peu importe, cela donne une bonne idée de la petitesse du marché!
Le véritable salaire de l’auteur, celui pour lequel il passe des années à réfléchir et à écrire, ce sont les quelques commentaires, critiques et témoignages des lecteurs. Je les accumule précieusement!
Voici la critique de monsieur Richard Lefrançois, professeur associé à l’Université de Sherbrooke, chercheur à l’institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke et chroniqueur au journal la Tribune de Sherbrooke. Elle mérite d’être partagée.
“L’essai historique de Bernard Lamborelle, Quiproquo sur Dieu publié chez Éditas, propose une relecture passionnante du Livre des Patriarches de la Bible, plus précisément l’histoire d’Abraham (qui incidemment n’aurait jamais existé), en lien avec l’Alliance sacrée conclut avec Yahvé , de même que d’autres épisodes qui se rattachent à cette période du Bronze moyen. L’auteur parvient, de façon convaincante et rigoureuse, à attribuer un sens nouveau et intelligible à plusieurs événements historiques (p. ex. la destruction des cités pécheresses de Sodome et Gomorrhe), en les recadrant historiquement et en les resituant soigneusement dans leur contexte sociopolitique. Lamborelle démontre de façon éclatante que les grandes religions monothéistes occidentales se sont fourvoyées quant à l’identité du soi-disant Seigneur d’Abraham. Celui-ci était en fait le roi Hammourabi de Babylone. L’auteur appuie son raisonnement sur une triple démarche d’administration de la preuve, à savoir des preuves logiques (à mes yeux, il s’agit plus précisément d’une analyse contextuelle et sociohistorique), des preuves chronologiques (nouvelle périodisation en tenant compte du système de datation sexagésimal de l’époque) et des preuves dendrochronologiques (ce qui permet de revoir la périodisation d’événements, comme les sécheresses, grâce à l’analyse des anneaux de croissance du bois, et conséquemment des artefacts).
Comme sociologue et méthodologue en recherche sociale, j’ai lu au cours de ma carrière bon nombre de rapports de recherche, d’articles scientifiques, de thèses et autres écrits, ce qui m’a permis d’aiguiser mon sens critique, de séparer pour ainsi dire «le bon grain de l’ivraie». Je puis avancer que Quiproquo sur Dieu se classe, sans l’ombre d’un doute, dans la catégorie des excellents essais historiques. J’ai particulièrement apprécié la richesse de la documentation, le souci des détails qui prennent de l’importance au fil de la lecture de l’essai, la logique et la structure de l’exposé, l’enchaînement cohérent des idées et des observations, le souci de faciliter la compréhension en ajoutant des résumés et des tableaux.
Quant au fond, j’ai été particulièrement séduit par la réinterprétation des fausses croyances, l’énumération des contradictions soulevées à propos des textes sacrés, la démonstration d’une frontière étroite entre le mythe et la réalité, les confusions soulevées à propos des notions de dieu, de demi-dieu et de Seigneur, et la volonté des grands de cette époque d’être déifié, de vivre une vie à la fois charnelle et spirituelle.
Somme toute, il est admirable qu’un ingénieur, non initié «académiquement» aux méthodes historiques, mais passionné pour l’histoire, habile en recherche et maniant bien la plume, ait eu le courage d’entreprendre et de mener à terme un projet aussi colossal que de réinterroger le récit des Patriarches. Et qu’en plus le résultat soit convaincant a de quoi impressionner! C’est définitivement un livre à lire et relire pour bien s’imprégner de toute sa richesse.”
- Richard Lefrancois, Ph.D.
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Voici quelques extraits de la recension de Quiproquo sur Dieu offerte par Michel Virard, président de l’Association Humaniste du Québec publiée dans le dernier numéro de la revue des Sceptiques du Québec.
« Les fils d’Abraham risquent de sourciller à la lecture de cet ouvrage fort bien construit. En effet, cet essai vise gros : l’identité même du dieu d’Abraham. Plus exactement : indiquer qui se cache derrière ce Yahvé/Seigneur, alors qu’un certain Élohim apparait lui aussi régulièrement dans la Genèse. »
« Il s’agit d’une démonstration où les faits connus et les spéculations sont clairement définis et soutenus par des graphiques significatifs. Le résultat est que l’on n’a pas cette désagréable impression de se faire embarquer, comme dans nombre d’ouvrages sur ce genre de sujet : à tout moment, on peut faire la différence entre le terrain solide et la sous-hypothèse que l’auteur propose pour soutenir sa thèse… »
« Avec Quiproquo sur Dieu, Lamborelle nous fournit finalement un faisceau d’arguments tendant à prouver que le Yahvé de la Bible n’est nul autre qu’un personnage unique, déjà connu de tous : Hammourabi, le roi babylonien à qui l’on doit ce fameux code de 282 articles. La saga d’Hammourabi, d’Abraham, de Sarah, d’Ismaël et d’Isaac, revue et corrigée par Lamborelle, est un scénario digne d’un feuilleton d’Hollywood et, j’ajouterais, nettement plus intéressant que la version théologique classique. »
« Découvrir un « sens » très plausible à une histoire qui, prise littéralement, ne tenait pas debout, fait tout le plaisir de cette lecture hors des sentiers battus.»
Virard fait toutefois preuve d’esprit critique et apporte le bémol suivant:
« On aimerait toutefois avoir une meilleure justification pour la correction chronologique de 6/10 que celle, trop succinte, actuellement fournie dans l’ouvrage. »
L’explication qui m’apparait la plus logique est la suivante. Trois étapes sont nécessaires afin de reconstituer la suite des évènements:
1) Identifier quelles auraient dû être les données originales
À l’évidence, et comme le convient Virard, nous devons admettre que les données bibliques ne sont spécifiées ni en base sexagésimale, ni en base décimale. Il faut donc retenir la possibilité d’une erreur de transcription. Par ailleurs, si les dates proposées dans Quiproquo sur Dieu s’avèrent exactes, elles devraient nous permettre de remonter à la source, afin de comprendre comment une telle erreur aurait pu se produire. Et comme on sait que les Babyloniens ont inventé le système sexagésimal, il est raisonnable de supposer que ce système de notation était en usage dans les textes d’origine.
Transposons donc les données corrigées du livre vers la base sexagésimale, afin de retrouver les valeurs initiales :
- Si Sarah enfante Isaac à 54 ans (valeur corrigée), on trouve :54 comme équivalent sexagésimal
- Si Abraham meurt à 105 ans (valeur corrigée), on trouve 1:45 ans (1(60/60) + 45) comme équivalent sexagésimal
Les textes d’origines auraient donc dû faire mention respectivement des âges de 54 ans et 145 ans.
2) Déterminer quelle opération a été appliquée sur ces données afin d’obtenir les âges relatés dans la Bible
Comment ces chiffres auraient-ils évolué vers les 90 ans et 175 ans que l’on retrouve dans la Bible? Un scribe bien intentionné aura sans doute cherché à convertir les données de la notation sexagésimale vers la nouvelle base en usage. Aurait-il manipulé ces chiffres comme s’il s’agissait de mesure de temps plutôt que d’années? La question mérite d’être posée, car on imagine aisément que les chiffres des unités « 54 » et « 45 » auront été interprétés comme des « soixantièmes ». Cette explication est plausible, car tous les chiffres qui composent les nombres babyloniens se multiplient par 60 à la puissance “x”. L’exposant “x” est positif ou négatif, selon qu’ils se situent avant ou après la virgule (multiplier par un exposant négatif revient à diviser par 60). C’est ainsi que l’on convertit 54 secondes en .90 minutes dans la notation décimale.
Selon cette explication, le :54 sexagésimal aura donc été transcrit 54/60 = .90 par notre scribe et le 1:45 aura été transcrit (1*60/60) + 45/60) = 1.75. En éliminant le point décimal, on retrouve les 90 ans et 175 ans bibliques que l’on connait trop bien et qui ont confondu les exégètes et les historiens de la Bible.
3) Justifier cette opération par le contexte historique
Cette « erreur » trouverait donc possiblement son origine dans une mauvaise interprétation de la notation sexagésimale. Si la méthode employée s’applique aux degrés, aux minutes et aux secondes, elle ne peut s’appliquer aux années qui se calculent en “unités”, plutôt qu’en “fractions”. Bien entendu, il serait préférable de retrouver d’autres documents d’époque qui auraient subi une erreur semblable pour avaliser cette théorie. Néanmoins, celle-ci permet d’expliquer et de comprendre comment une “petite erreur” pourrait être à l’origine des données que l’on retrouve dans la Bible et pourquoi il est aujourd’hui nécessaire de les multiplier par le rapport inverse des deux bases, soit 6/10.
On retrouve ainsi les 54 ans (90*6/10) et les 105 ans (175*6/10) ”corrigés” que je propose dans le livre.
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Le Québec sceptique est la revue officielle des Sceptiques du Québec. Il est publié trois fois par année. Il traite des phénomènes paranormaux et pseudoscientifiques avec une approche critique. On peu se procurer la revue en cliquant sur le lien suivant:

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C’est avec la conviction inébranlable de celui qui se perçoit comme un instrument au service du divin que le Guide suprême de la Révolution islamique, l’Ayatollah Ali Khamenei, cherche toujours à imposer au peuple d’Iran le choix d’Ahmedinejab, même au prix d’une effusion de sang.
Malheureusement, de trop nombreux dirigeants - en Orient comme en Occident - s’appuient encore largement sur leur foi, plutôt que sur des valeurs humanistes et éthiques, lorsqu’ils sont confrontés à des choix difficiles.
Dans Crainte et tremblement, le philosophe Sören Kierkegaard (1813-1855), reconnu aujourd’hui comme le père de l’existentialisme chrétien, reconnaît que l’homme peut être appelé à prendre des décisions qui vont à l’encontre de l’éthique lorsqu’il s’agit de se soumettre à la volonté divine, car « il n’existe pas de plus grande vérité que celle de Dieu ». Pour Kierkegaard, la vérité n’est donc pas une notion objective, rationnelle comme elle peut l’être pour Hegel, mais plutôt une certitude propre, une intimité située au cœur même de l’individu qui repose sur la relation qu’il entretient avec Dieu.
Comme tout bon fondamentaliste, Kierkegaard développe son argumentation en s’appuyant largement sur la bible, notamment sur le passage où Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils. En effet, comment Dieu, source ultime de toute loi, peut-il ordonner ce meurtre qui viole ses propres lois? Confronté à un choix éthiquement inacceptable, Abraham accepte de suspendre temporairement son bon sens naturel et de s’en remettre à la « volonté divine ». C’est dans sa foi intime et profonde, nous dit-on, qu’Abraham puise son courage, car il sait que Dieu ne peut faire d’erreur. C’est donc sa « foi » qui le pousse à mettre de côté sa logique et ses valeurs éthiques et morales pour obéir aux commandements de Dieu.
Dans Quiproquo sur Dieu, notre recherche aboutit à une constatation nettement plus plausible : Abraham n’obéissait pas à un « Dieu », mais à un roi puissant de Mésopotamie qui cherche à garder sous sa férule la terre de Canaan. Du coup, la logique de Kierkegaard s’effondre, entraînant avec elle celle des fondamentalistes religieux qui s’appuient sur la même interprétation fallacieuse des textes pour soutenir leur argumentation.

La mort tragique de Neda Sultani nous rappelle encore une fois qu’il est urgent de militer en faveur d’une Charte de la laïcité afin d’assurer une parfaite étanchéité entre les religions et les organes de pouvoir. Seuls, des institutions véritablement démocratiques et un enseignement éthique de qualité permettront l’instauration d’une paix durable.
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Rarement un symbole religieux aura soulevé autant les passions que le port du voile. Pas surprenant : il s’agit d’un signe extérieur très visible aux messages paradoxaux.
En justifiant cette pratique séculaire par leurs convictions religieuses, ses partisans opposent une fin de non-recevoir à toute argumentation logique qui vise à la condamner.
Il faut reconnaître qu’en Occident, un nombre croissant de femmes musulmanes voient dans le port du voile un symbole d’émancipation, d’appartenance culturelle et d’affirmation de leur foi. Elles revendiquent le droit d’afficher leurs convictions, tout en exprimant dans la foulée, consciemment ou non, un rejet des valeurs occidentales.

Là où le bât blesse, c’est que dans bien des pays islamiques, le port du voile n’a pas du tout le même sens. Il s’agit au contraire d’un symbole qui opprime, restreint et viole le droit des femmes. Imposé par une doctrine misogyne intolérante, il s’appuie sur des préceptes archaïques qui nient aux femmes le droit à l’émancipation.
Mais à quelle catégorie la femme voilée québécoise appartient-elle? Se sent-elle opprimée ou libérée?
Et c’est bien là le nœud du problème. En défendant le port du voile comme un droit fondamental, les musulmanes québécoises appuyées par le mouvement de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) mêlent les cartes et jouent le dangereux jeu des islamistes. Sans le vouloir, elles entretiennent la confusion et offrent aux intégristes de tout acabit le cadre idéal dans lequel ils peuvent poursuivre en toute impunité leur campagne de répression, de dénigrement et de violence.
Mais on ne peut ignorer le drame humain et social qui se joue dans ces pays arabes. Des femmes militantes y mettent quotidiennement leur vie en danger pour réclamer et défendre leurs droits. Elles ont bien besoin de notre aide.
Tant que les mouvements féministes réclameront ce droit au nom d’une vague liberté, il demeurera difficile de s’opposer au port du voile. Une majorité d’organisations et de partis politiques n’oseront se prononcer dans la peur de perdre quelques voix ou d’être perçus comme intolérants ou xénophobes.
Mais n’oublions pas que la liberté des unes ne devrait jamais se revendiquer au détriment de celle des autres. Il appartient donc aux femmes musulmanes du Québec de prendre clairement position et de rejeter d’elles-mêmes le port du voile en guise de solidarité avec leurs consœurs de l’étranger victimes des intégristes, car en portant le voile pour revendiquer leur cause, ne se rendent-elles pas indirectement coupable de non-assistance à personne en danger?
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Le 17 mai est la journée internationale contre l’homophobie. Dans le contexte religieux, l’homophobie trouve sa source historique dans le Chapitre 19 du récit de la Genèse lorsque Dieu détruit Sodome sous prétexte que ses habitants s’adonnent à l’homosexualité (d’où l’origine du mot « sodomiser »).

Bien que notre société ait grandement évolué, beaucoup d’homosexuels subissent encore les violences de concitoyens intolérants qui s’appuient largement sur les Écrits bibliques pour les humilier et les condamner.¹ Quant aux homosexuels croyants, ils vivent toujours leur foi avec un sentiment de culpabilité.
Quiproquo sur Dieu rétablit enfin les faits. Cet essai historique apporte un éclairage nouveau sur le sujet en donnant son vrai sens à l’histoire de Sodome. La Bible nous apprend que cette ville est « attaquée » à deux reprises : d’abord par quatre rois venus mater ses citoyens et plus tard par « Dieu ».
Le récit de la première attaque peut se résumer ainsi (voir Gn 14) :
Au terme d’une servitude de douze ans imposée par un roi lointain, les citoyens de Sodome se révoltent. Trois autres rois viennent lui prêter main-forte pour les mâter et faire un exemple : ils pillent la ville et s’enfuient avec ses habitants dont fait partie Lot, le neveu d’Abraham. En apprenant que ce dernier a été fait captif, Abraham se lance à leurs trousses, les défait et récupère le butin volé et les personnes.
On s’attendrait à ce que les quatre rois cherchent à se venger, mais contre toute attente, selon l’interprétation classique, c’est « Dieu » qui détruit la ville sous prétexte que ses lois ne sont pas respectées. Et il aura préalablement pris soin de faire Alliance avec Abraham (Gn 15).
Pourquoi « Dieu » paraît-il aussi partial? Car si les gens de Sodome refusent de se soumettre, le reste du récit démontre qu’ils savent témoigner de la gratitude envers Abraham. Celui-ci cherche même à raisonner « Dieu » pour qu’il les épargne.
Dans Quiproquo sur Dieu, j’avance, preuves à l’appui, que Sodome n’a pas été détruite par « la foudre de Dieu » mais par un roi intransigeant qui voulait faire un exemple de cette ville rebelle.
Dans ce contexte, le récit de la deuxième attaque contre Sodome (Gn 19) doit plutôt être interprété comme suit :
Excédés par cette autorité étrangère, les habitants de Sodome refusent de s’y soumettre. Ils cherchent à la défier et à lui envoyer un message clair. C’est donc pour leur faire ressentir l’humiliation de la soumission qu’ils vivent quotidiennement que les habitants en colère choisissent de « sodomiser » les représentants du pouvoir central venus les menacer de les punir.²
Insultés au plus haut point par cet affront, les messagers font part à leur maître de l’état de révolte de la population. Constatant qu’il sera impossible de mater ce début de rébellion, le roi comprend qu’il doit intervenir avec force pour l’exemple : il presse Lot, le neveu d’Abraham, de partir avec sa famille et détruit la ville sans autre forme de procès.
Voilà qui est nettement plus réaliste!³ C’est donc à partir d’une mauvaise interprétation des textes anciens, - où l’on aura confondu les notions de « dieu », de « demi-dieu » et de « seigneur » - que les croyants auront attribué à « Dieu » la condamnation de l’homosexualité.
Contrairement à l’interprétation théologique classique, la destruction de Sodome n’a donc rien à voir avec la condamnation de la pratique de l’homosexualité ou de la recherche du plaisir charnel. De plus, elle n’est pas l’œuvre de Dieu, mais bien celle du roi Hammourabi, tel que démontré au terme d’une enquête historique rigoureuse.
Dépourvu de tout fondement religieux, l’homophobie apparaît enfin pour ce qu’elle a toujours été : un réflexe primitif de rejet alimenté par l’ignorance qui ne vise qu’à brimer le droit de l’autre à la différence.
Il est grand temps de redonner ses lettres de noblesse à la ville de Sodome, à ses habitants ainsi qu’à tous les gais et lesbiennes de la terre!

Cet article est dédié à Mahmoud Asgari et Ayaz Marhoni, ces deux adolescents iraniens de la province du Khuzestan, qui ont été pendus publiquement sur la place de Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, le 19 juillet 2005.
¹ Selon Statistique Canada, le taux de violence subie par les gais et les lesbiennes (242 incidents pour 1 000 habitants) est environ 2,5 fois plus élevé que celle subie par les hétérosexuels (99 incidents pour 1 000 habitants). Quant aux bisexuels, il est 4 fois supérieur (415 incidents de pour 1 000 habitants) à celui des hétérosexuels.
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