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Quiconque a lu la Bible s’est vite rendu compte que les dates rapportées tiennent bien davantage du surnaturel que du bon sens.

Curieusement, les spécialistes n’ont aucune explication logique à nous proposer. En fait, ils s’en remettent au mythe, ou à la nature sacrée des personnages pour expliquer ces longévités fantastiques.

Par ailleurs, les détails qui permettraient de situer dans l’histoire certains évènements posent problème. En effet, si l’on en croit les Écrits, l’Exode devrait se situer sous le règne de Ramsès II, car l’histoire nous enseigne que c’est effectivement le pharaon qui a fait construire la ville de Pithom :

Ex 1:11 Et l`on établit sur lui des chefs de corvées, afin de l`accabler de travaux pénibles. C`est ainsi qu`il bâtit les villes de Pithom et de Ramsès, pour servir de magasins à Pharaon.

Or, un autre verset nous donne les informations suivantes :

 

1 Roi 6 :1 Et il arriva, en la quatre cent quatre-vingtième année après la sortie des fils d’Israël du pays d’Égypte, en la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, au mois de Ziv, qui est le second mois, que Salomon bâtit la maison de l’Éternel.

Celles-ci sont contradictoires, car il est généralement admis que Salomon régnait vers 970 AEC. Si la construction du Temple de Salomon débute quatre ans après le début de son règne, l’Exode aurait dû avoir lieu 480 ans plus tôt, soit en 1446 AEC (=970-4+480). Cette période ne correspond pas au règne de Ramsès II (1279 à 1213 AEC).

Voilà pourquoi une majorité de spécialistes qui ont tenté de situer les Patriarches dans un contexte historique évitent de se référer aux données disponibles dans la Bible. C’est plutôt en se basant sur les nombreux artefacts retrouvés lors de fouilles archéologiques qu’ils ont établi le cadre général de cette époque au Bronze moyen.

Dans Quiproquo sur Dieu, je démontre pour la première fois que les dates de la Bible sont d’une exactitude remarquable, mais qu’elles ont souffert d’une erreur d’interprétation. On a trop longtemps négligé de prendre en considération le contexte culturel de l’époque pour en comprendre le sens.

S’il nous est tout naturel de comptabiliser le temps en années de 365 jours, il n’en a pas toujours été ainsi. En fait, qu’est-ce que le temps pour un observateur, sinon l’observation et la mesure de cycles qui se répètent? Le plus court est celui du jour, mais son utilisation n’est pas très pratique, car il est difficile à mesurer. Dans la Liste royale sumérienne, certains rois d’avant le Déluge auraient vécu 28 800 ans. La substitution de la notion de cycles à celle d’années confère bien plus de réalisme à la chronologie. C’est ainsi qu’en divisant 28 800 cycles par 365 jours, on obtient une durée de vie bien plus réaliste de 79 ans.

Le cycle lunaire de 29,5 jours est le plus visible et facile à mesurer. Pour des nomades se déplaçant de cité en cité, il devait être beaucoup plus simple de s’en tenir aux cycles lunaires dont la présence céleste est observable sans instrument complexe. C’est ainsi que les durées de vie d’Adam (930 ans) et de Noé (950 ans) ont probablement été comptabilisées en cycles lunaires plutôt qu’en années. En divisant 365 par 29,5, soit 12,4 cycles par année, on obtient les âges respectifs de 75 ans pour Adam et de 77 ans pour Noé. Voilà qui est nettement plus réaliste!

Malgré une apparence toujours un peu surnaturelle, les durées de vie des Patriarches n’ont pas du tout le même ordre de grandeur que celles de Noé et des générations antérieures. On apprend ainsi qu’Abraham a vécu jusqu’à 175 ans et que Sarah a enfanté à 90 ans! Cette échelle aux dimensions un peu moins fantastiques témoigne fort probablement d’un accès à des sources plus récentes et à des données plus fiables. Cette reconstruction laisse supposer que cycle lunaire n’était déjà plus utilisé.

Naïfs ou incapables d’expliquer une telle « mutation », les auteurs de la Genèse semblent quand même embarrassés puisqu’ils se sentent obligés de souligner et de justifier ce changement en déclarant que les hommes auraient maintenant une durée de vie plus « normale »:

Gn : 6:3 Et Yahvé dit: Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair; mais ses jours seront cent vingt ans.

Il est bon de rappeler qu’en Mésopotamie, les calculs se sont longtemps effectués en base sexagésimale (base 60). Il est donc fort possible qu’une erreur d’interprétation – volontaire ou non – soit survenue lors d’une transcription.

En multipliant toutes les données du Pentateuque par 6/10, nombre correspondant au rapport entre les bases 60 et 100, on arrive à des résultats remarquables. Par exemple, une génération de 40 ans x 6/10 devient 24 ans. Abraham ne serait pas mort à l’âge extraordinaire de 175 ans, mais plutôt à 105 ans. Sarah n’aurait pas enfanté Isaac à 90 ans, mais à 54 ans (on sait qu’elle était déjà « vieille » mais que la ménopause peut survenir chez la femme jusqu’à 60 ans).

Si l’on reprend les données de 1 Roi 6 :1 et que l’on situe l’Exode, non pas à 480 ans, mais plutôt à 288 ans (=480×6/10) avant la construction du Temple de Salomon en 966, on tombe cette fois en 1254, soit précisément à l’intérieur du règne de Ramsès II.

Mais si cette théorie semble intéressante, est-il possible d’en faire la preuve?

En corrigeant toutes les dates du récit des Patriarches (pas seulement quelques-unes) afin de les comparer aux données historiques connues sur le règne du roi Hammourabi, je propose une nouvelle interprétation du récit, qui cette fois, colle à la réalité. La précision avec laquelle se vérifient plus d’une douzaine de dates qui s’étendent sur plusieurs générations confirme qu’il ne peut s’agir du hasard.

Par ailleurs, la science de la dendrochronologie nous permet de connaître avec précision les périodes de sécheresse vécues au Bronze moyen. Interprétées correctement, celles-ci correspondent parfaitement aux deux famines vécues par Abraham et Joseph.

Ce texte est une adaptation des pages 101 à 107 de Quiproquo sur Dieu.  Copyright © 2009 Bernard Lamborelle

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4 réponses à “Longévité des personnages bibliques : mythe ou erreur d’interprétation?”
  1. Champion Maurice dit :

    Ni Dieu, ni Diable, ni Prophètes, qu’une maladie psychiatrique qui sévit depuis la nuit des temps ; une bonne nouvelle car la liberté et la responsabilité est en nous.
    Dieu a dit ; mais a qui l’a-t-il dit ?
    Schizophrénie et croyances, religions, sectes : pour en terminer avec cette fausse dualité.

    Il n’y a pas d’écrits, ni de livres dits « Saints » ; que des élucubrations de schizophrènes en délirants mystiques inhérents à leurs perceptions hallucinatoires.
    Il n’y a point de religions dites « éclairées » ; que des illuminés défendant des thèses psychiatriques hors d’âge et où les femmes sont reléguées dans leurs fantasmes intangibles de pouvoir.

    - Pascal Boyer - Chercheur au CNRS - Et l’homme créa les dieux : « La religion est une épidémie mentale qui conduit les gens à développer des concepts religieux assez semblables.»
    - Antoine Lesur – Psychiatre : La schizophrénie, la comprendre pour mieux la vivre : « La désorganisation que cause la maladie s’accompagne d’interrogations incessantes sur sa propre identité, sur les valeurs morales (le Bien, le Mal, Dieu et le Diable), sur la sexualité etc… Perdus sans repères, les schizophrènes peuvent être attirés par l’ésotérisme, la magie, voire les sectes à la recherche d’un absolu en fait inaccessible.»
    - Thomas Szasz - Psychiatre américain (né en 1920) avait bien pressenti cette relation : « Je pense que nous découvrirons les causes chimiques de la schizophrénie que lorsque nous découvrirons les causes chimiques des religions et du communisme. »
    - Jacqueline Borg en 2003 – Recherche et neurosciences - Sérotonine et religiosité : « Parmi les 25 aspects de la personnalité des volontaires évalués, la religiosité se révèle l’unique paramètre corrélé avec le taux de sérotonine… »
    - Le laboratoire Lilly est clair sur la notice de son antipsychotique, l’un des plus utilisés : « Zyprexa est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées…».
    - Imagerie cérébrale : Elle montre que les zones activées lors de la prière ou de la méditation, ainsi que durant les rêves en phase de sommeil paradoxal, sont identiques à l’activation soutenue du psychotique.

    Vous ne pouvez être croyant(e) sans avoir cette réponse.
    Quelles différences faites-vous entre les relations dites «mystiques» venant de l’au-delà : contacts prophétiques, apparitions, voix intérieures d’avec les manifestations hallucinatoires psychotiques, quelles soient visuelles, auditives, de sensations intérieures… ?
    Et je vous met au défi de pouvoir citer une autre maladie faite de symptômes extériorisés en concordance avec d’hypothétiques relations avec l’au-delà. Alors une seule solution possible : ou bien Dieu existe et cette maladie n’a pas de sens ou inversement ; les religions ne sont que des croyances alors que la maladie est une réalité.
    Des religieux et religions sont conscients de cette fausse dualité, alors pour eux la schizophrénie et l’épilepsie n’existent pas, c’est l’œuvre du Diable et les exorcismes perdurent de par le monde ; jusqu’au bout de la connerie inhumaine.

    Croire n’est pas le choix de sa liberté, c’est son addiction de soumission aux dictats de son fonctionnement sérotoninien. La philosophie « Dieusiène » n’est qu’une masturbation du cerveau donnant un aspect d’intelligence aux chefs culs-bénits et aux barbus de tout poil ; le socle de la manipulation mentale des populations.

    Malades schizophrènes et parents assujettis.
    Pouvons-nous alors combattre ce que la société cultive ? Prendre conscience de ce qu’est la dimension de l’irréalité dans toute sa démesure ; et le premier débat à faire sur ce thème est avec soi-même.
    Une maladie ça ne se vénère pas, ça se combat : c’est un problème de santé mentale.
    En France, chaque année, plus de 1000 jeunes mettent fin à leurs jours notamment par cette incompréhension portée par les religions ; pensez-y chaque soir en vous couchant.
    Sortons de l’omerta qui règne sur cette maladie psychique ; nous ne sommes plus les dégâts collatéraux des croyances et des religions, ni ses béquilles ; que chacun en prenne conscience.
    Il est temps de faire de la prévention aux jeunes en expliquant ce qu’est l’hallucination plus vraie que réalité ; cette source du fondement des religions qui met le souffrant en déni de sa maladie.
    Quand finira-t-on de vénérer cette maladie destructrice. Que diriez-vous si l’on vénérait le cancer, le sida…

    Bien longtemps la terre fut plate, puis un jour elle est devenue ronde : où en êtes vous avec la schizophrénie ?
    La schizo, cette maladie que l’on vous a appris à ne pas comprendre.
    La vie de nos enfants vaut mieux que ce monde illusoire.

    Croire en l’irréalité est une fonction cérébrale; son excès est schizophrénique; sa souffrance est la maladie psychique.
    Merci de m’avoir lu ; cette maladie est l’affaire de tous, alors parlons-en.
    Cordialement à vous.

    Site : http://champion20.monsite.orange.fr

  2. Émilie dit :

    Bernard, vous écrivez :
    Dans Quiproquo sur Dieu, je démontre pour la première fois que les dates de la Bible sont d’une exactitude remarquable, mais qu’elles ont souffert d’une erreur d’interprétation.
    Or, je crois que le terme “interprétation” laisse entendre une “spéculation”, une théorie. À la lecture de votre livre, il s’agirait plutôt d’une erreur de transcription des dates. La 1ère erreur ayant entraîné toutes les autres et c’est pour cela que nos personnages bibliques atteignent une longévité presque enviable.
    Votre approche méthodique donne un processus de datation très précis et remet les pendules à l’heure.

  3. Daniel PIGNARD dit :

    Sur le site en référence se trouve évoquée une thèse donnant une explication sur la longévité des patriarches bibliques et les dates des hébreux en Egypte.

  4. Daniel PIGNARD dit :
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