Retourner au menu BLG Accédez à l'ensemble de la blogosphère de blogauteurs.net Accédez à notre revue de presse Visitez le Square littéraire de nos auteurs Accédez directement à notre boutique en ligne

Michel Virard, président de l’Association Humaniste du Québec et auteur de la recension du livre parue dernièrement dans la revue « Le Québec Sceptique » m’a aimablement invité à inaugurer leur saison de conférences 2009-2010.

Vendredi soir, par une soirée automnale pluvieuse, une trentaine de personnes se sont déplacées, ont payé leur place et ont envahi les locaux quelque peu exigus, mais fort sympathiques de l’AHQ pour assister à ma toute première conférence sur le sujet. La petite salle était comble, signe que la controverse est toujours un sujet porteur. Parmi ceux qui m’ont fait l’honneur de leur présence, se trouvaient quelques membres du mouvement des Sceptiques du Québec, des professeurs de philosophie, de sociologie, de physique atomique, ainsi qu’un prêtre. Bref, je faisais face à un public averti qui ne m’était pas acquis d’avance.

J’étais quelque peu nerveux, car l’enjeu étant de taille: la position audacieuse que j’étais venu défendre était en quelque sorte indéfendable. En effet, qu’un ingénieur vienne prétendre que le « Dieu » d’Abraham n’était pas un être divin, mais plutôt un roi de Mésopotamie, frise l’insolence.

En guise de présentation, j’ai décrit la démarche personnelle qui m’a amenée à entreprendre cette recherche, puis à écrire ce livre. J’ai ensuite fait le point sur l’état des recherches de l’exégèse moderne et de son évolution, en insistant sur le fait que tous les efforts du concordisme visant à confirmer l’historicité du récit biblique par l’archéologie avaient été voués à l’échec. En effet, toutes les tentatives pour prouver l’existence d’Abraham ou de sa pensée fondatrice ont été abandonnées depuis les années 1970.

J’ai ensuite présenté les éléments de preuve qui permettent de conclure que le récit des Patriarches était, à l’origine, non pas un récit religieux, mais un document légal. Selon moi, ce document avait pour principal objectif de rendre officielle la nomination d’Abraham au poste de gouverneur de la région de Canaan. En légitimant son droit à la terre, ce document revêtait une importance considérable aux yeux du peuple hébreu. La précision des détails conduisant à cette interprétation est telle qu’ils n’auraient pu résister à une transmission orale. Il nous faut donc admettre que ce document fut rédigé beaucoup plus tôt que ce que l’on admet généralement, dans le but d’assurer sa pérennité. Mais comme le suzerain d’Abraham s’attribuait certaines caractéristiques divines, le récit aura pris avec le temps des proportions mythiques. Il sera finalement amalgamé à d’autres récits et légendes mésopotamiennes, quelques siècles avant notre ère, lors de la compilation et de la rédaction du Pentateuque.

Durant la période des questions qui a duré près d’une heure, personne n’a montré d’impatience. Parmi les nombreuses questions soulevées figurait la possibilité de préservation et de transmission d’un tel récit. L’échange animé a vraisemblablement plu aux participants qui sont repartis satisfaits. Un constat fort intéressant semble découler de cette discussion nourrissante: mon profil d’ingénieur ne me prédisposait aucunement à développer et défendre une pareille thèse. En revanche, cette faiblesse apparente s’est révélée être une force. C’est effectivement sans présupposés aucuns que j’ai pu aborder l’épineuse question de l’historicité du récit. J’ai traité le sujet en suivant une méthode purement scientifique: le concret, l’analyse de données objectives, les mathématiques. Tout cela m’amène à une conclusion réaliste qui, aux dires des personnes présentes, mérite d’être entendue.

Voici les résultats du formulaire d’appréciation que les participants étaient invités à remplir :

• 91% ont qualifié la conférence de très bonne (70% excellente, 21% bonne, 0% passable, 0% médiocre)

• 94% la recommanderaient à des amis

• La note la plus basse: 79% pour l’emplacement : un peu exigu, mais fort intime.

Partager et découvrir:
  • Facebook
  • Scoopeo
  • Google
  • Canoe
  • Publieca
  • Voir
  • Agoravox
  • Courrier Int
  • Le Monde
  • Zataz
Conmentaire