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Un an déjà : bilan d’une réception discrète… mais positive!
Publié par bernardlamborelle dans Activités, Non classé, Réflexion, tags: anniversaire, bilan, critiquesLe 4 mai 2009, une soixantaine de personnes se réunissaient pour le lancement de Quiproquo sur Dieu à l’élégante lunetterie Georges Laoun du Musée des Beaux Arts de Montréal. Il y avait de la magie dans l’air! J’étais convaincu qu’un essai historique proposant une relecture des textes et démontrant, preuves à l’appui, que ce n’est sans doute pas avec un être divin qu’Abraham avait conclu sa célèbre Alliance, mais avec un roi de l’Antiquité, ne manquerait pas d’éveiller la curiosité et l’intérêt de quelques médias.
Mais un an après avoir remué ciel et terre et expédié livres et dossiers de presse tous azimuts, force est de constater que très peu de journalistes ont fait mention du livre. Serait-ce l’expression d’un manque d’intérêt pour le sujet? Sur réception du livre, par exemple, Pierre Foglia m’a envoyé paître d’un ton grognon : « … vous n’imaginez pas comme je me soucie peu d’élucider la véritable identité du seigneur d’Abraham »!
Pourtant, avec les trois milliards d’adeptes que comptent les religions monothéistes, personne ne contestera que la remise en question de celui qu’on nomme « Dieu » ne soit pas une nouvelle significative ou d’actualité. Il suffit de penser à la situation au Proche Orient ou plus près de chez nous aux débats entourant les accommodements raisonnables, la charte de laïcité ainsi que les cours d’éthique et de religion pour comprendre que ces débats bénéficieraient grandement d’un nouvel éclairage sur l’origine de ces religions.
Une argumentation trop faible ou une écriture indigeste aurait pu rebuter les lecteurs. Mais les commentaires reçus dépassent les attentes. Certains lecteurs vont jusqu’à comparer l’ouvrage aux travaux de Galilée, Darwin et Durkheim.
Jacques Godbout met-il le doigt sur une partie du problème lorsqu’il écrit : « C‘est aussi une thèse qui va choquer et peu de médias oseront y faire allusion ». Pourtant, ces mêmes médias se régalent des histoires de pédophiles qui affligent l’Église.
Reste l’épineuse question de la crédibilité. N’étant ni historien, ni théologien, je n’ai en effet aucune lettre de créance dans le domaine de l’étude des textes bibliques. Le scepticisme est donc de mise. En effet, comment un illustre inconnu pourrait-il parvenir à résoudre pareille énigme? En ce sens, je me perçois un peu comme l’autodidacte Ben Weider défendant sa thèse sur l’assassinat de Napoléon devant des historiens incrédules. Et si je m’étais assez bien préparé à essuyer les critiques les plus vives, j’avoue candidement ne pas m’être attendu à l’indifférence, et ce, même si mon éditrice et d’autres personnes du milieu m’avaient prévenu : il faudra de la patience et du temps! Je croyais naïvement que la curiosité pousserait quelques chroniqueurs à s’enquérir de mes travaux et que, bon an, mal an, on finirait par en parler. S’ils sont restés muets, je crois que c’est parce qu’ils attendent le signal d’un spécialiste reconnu. En effet, nombre d’entre eux ne se sentent pas aptes à juger du contenu et le problème des origines du Pentateuque est si complexe et les informations disponibles si peu fiables et contradictoires qu’il est effectivement difficile en ce domaine de trier le bon grain de l’ivraie.
Quant aux spécialistes, ils n’apprécient guère qu’un inconnu vienne « jouer sur leurs plates-bandes ». Voici les arguments qu’ils avancent pour refuser de lire mon livre :
- Ils rappellent que les innombrables tentatives passées se sont buttées à de lamentables échecs en essayant de « résoudre la Bible ».
- Ils estiment que l’approche historico-critique appartient au siècle dernier, qu’elle a été totalement épuisée et que toute nouvelle tentative ne peut que répéter les erreurs passées.
- Ils m’accusent de faire preuve d’un certain « fétichisme » des nombres et d’un trop grand désir de « perfection ».
- Ils me reprochent de ne pas avoir reçu une formation adéquate. À leurs yeux, cela revient à dire que je n’ai pas suffisamment de rigueur et que j’ai forcément procédé à une sélection des faits pour valider mes propres hypothèses.
- Ils jugent « improbable » l’idée que Hammourabi ait pu faire alliance avec le gouverneur d’une région aussi éloignée de Babylone.
- Ils acceptent (et enseignent) l’idée qu’Abraham n’a jamais existé, l’archéologie n’ayant relevé aucune trace de religion monothéiste au Bronze moyen.
- Ils estiment que les textes bibliques sont peu fiables et dénués de valeur historique.
- Ils me reprochent enfin une méconnaissance des enjeux théologiques et une lecture littérale dépassée qui ne laisse pas suffisamment place à une interprétation herméneutique moderne.
Pour toutes ces raisons, ils se méfient de mon travail et qualifient mon entreprise  « d’improbable, de futile », voire  « de prétentieuse ». Or, tous ceux qui ont lu mon livre savent que si mon approche est atypique, l’analyse des faits que je propose est inédite, pertinente et mérite l’attention. Je crois avoir réussi à présenter des résultats honnêtes avec une certaine retenue.
Ayant compris que la partie serait longue, je me suis inscrit en janvier dernier à la Faculté de Théologie de l’Université de Montréal. Je poursuis par ailleurs mes lectures et mes recherches dans le but de parfaire ma thèse. C’est ainsi que j’ai récemment rédigé le document Une exégèse dissociative du principe d’unicité afin de permettre aux spécialistes de mieux comprendre comment ma démarche s’insère dans les réflexions et les recherches passées.
Bien entendu, seules de nouvelles découvertes archéologiques nous apporteront des preuves concrètes. À ce chapitre, l’annonce, il y a quelques semaines, par l’archéologue Timothy Harrison de la découverte d’une tablette d’argile décrivant un traité « écrit dans un langage très stéréotypé et très similaire dans la forme et le style à l’histoire de l’Alliance d’Abraham avec Dieu dans la Bible hébraïque » a de quoi me réjouir. Elle donne de la crédibilité à la thèse que je développe en confirmant que les termes de l’alliance ont effectivement pu servir de document légal.
Après huit années de travail, je n’ai toujours trouvé aucun argument sérieux susceptible d’ébranler ma thèse et je ne crois pas avoir péché par omission. Je constate, jour après jour, que la réaction au livre suit toujours la même évolution : l’incrédulité et le scepticisme font lentement place à la surprise et à l’étonnement.
Comme Thomas Kuhn l’a élégamment énoncé, « un nouveau paradigme ne peut naître qu’en rompant avec les certitudes du passé ». C’est en questionnant les prémisses de base et en posant de nouvelles hypothèses que je crois apporter des réponses claires, précises et satisfaisantes qui expliquent l’origine du « mythe » d’Abraham et le flou dans lequel nous avons baigné. Il n’est aucunement nécessaire de recourir à des citations hors contexte, à de mystérieuses symboliques ou à une construction de l’esprit pour en saisir toute la portée. En fin de compte, si la théorie que je développe dans Quiproquo sur Dieu a du mérite, le temps finira par faire son Å“uvre. Cette première année s’achève donc quand même sur une note très positive.



















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Permettez-moi de vous donner l’avis d’un étudiant en histoire des religions: même si le sujet du livre me semble certes intéressant, j’hésite à le lire, et il est très probable que je ne le lisse pas, en raison de la façon dont vous le présentez. Vous ne pouvez pas prétendre “démontrer, preuves à l’appui”, nous donnant l’impression d’un avocat qui cherche à nous convaincre. Vous devez savoir qu’on peut démontrer tout et n’importe quoi, il suffit juste de bien construire ses faits historiques. Donc, ceci ne peut pas être une raison. L’histoire n’est pas une science exacte et on ne peut jamais “démontrer” mais simplement “suggérer” ou “présenter” une nouvelle thèse qui, peu importe la méthode ou les résultats, ne sera jamais plus que ça: une théorie qui attend l’arrivée d’une autre meilleure qui la remplace.
Je tiens à vous donner mon avis car vous me semblez quelqu’un d’honnête et je tenais à vous le dire.
bien cordialement,
Bexen C.
Votre commentaire est très pertinent, mais soyez indulgent et ne vous arrêtez pas trop à la forme… J’ai reçu une formation d’ingénieur et j’ai l’habitude des sciences exactes! Je vous invite plutôt à prendre connaissance des quelques commentaires qui témoignent de la pertinence de l’ouvrage : http://www.quiproquo.ca/temoignages.html