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Posts Tagged “Abraham”

Ceux qui croient encore que l’on publie au Québec pour faire de l’argent n’ont pas compris la dynamique de l’économie québécoise.  Certains disent qu’il suffit de vendre 3,000 exemplaires d’un livre pour que celui-ci soit considéré comme un best-seller. D’autres disent que la moitié suffit. Peu importe, cela donne une bonne idée de la petitesse du marché!

Le véritable salaire de l’auteur, celui pour lequel il passe des années à réfléchir et à écrire, ce sont les quelques commentaires, critiques et témoignages des lecteurs. Je les accumule précieusement!

Voici la critique de monsieur Richard Lefrançois, professeur associé à l’Université de Sherbrooke, chercheur à l’institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke et chroniqueur au journal la Tribune de Sherbrooke. Elle mérite d’être partagée.

“L’essai historique de Bernard Lamborelle, Quiproquo sur Dieu publié chez Éditas, propose une relecture passionnante du Livre des Patriarches de la Bible, plus précisément l’histoire d’Abraham (qui incidemment n’aurait jamais existé), en lien avec l’Alliance sacrée conclut avec Yahvé , de même que d’autres épisodes qui se rattachent à cette période du Bronze moyen. L’auteur parvient, de façon convaincante et rigoureuse, à attribuer un sens nouveau et intelligible à plusieurs événements historiques (p. ex. la destruction des cités pécheresses de Sodome et Gomorrhe), en les recadrant historiquement et en les resituant soigneusement dans leur contexte sociopolitique. Lamborelle démontre de façon éclatante que les grandes religions monothéistes occidentales se sont fourvoyées quant à l’identité du soi-disant Seigneur d’Abraham. Celui-ci était en fait le roi Hammourabi de Babylone. L’auteur appuie son raisonnement sur une triple démarche d’administration de la preuve, à savoir des preuves logiques (à mes yeux, il s’agit plus précisément d’une analyse contextuelle et sociohistorique), des preuves chronologiques (nouvelle périodisation en tenant compte du système de datation sexagésimal de l’époque) et des preuves dendrochronologiques (ce qui permet de revoir la périodisation d’événements, comme les sécheresses, grâce à l’analyse des anneaux de croissance du bois, et conséquemment des artefacts).

Comme sociologue et méthodologue en recherche sociale,  j’ai lu au cours de ma carrière bon nombre de rapports de recherche, d’articles scientifiques, de thèses et autres écrits,  ce qui m’a permis d’aiguiser mon sens critique, de séparer pour ainsi dire «le bon grain de l’ivraie». Je puis avancer que Quiproquo sur Dieu se classe, sans l’ombre d’un doute, dans la catégorie des excellents essais historiques. J’ai particulièrement apprécié la richesse de la documentation, le souci des détails qui prennent de l’importance au fil de la lecture de l’essai, la logique et la structure de l’exposé, l’enchaînement cohérent des idées et des observations, le souci de faciliter la compréhension en ajoutant des résumés et des tableaux.

Quant au fond, j’ai été particulièrement séduit par la réinterprétation des fausses croyances, l’énumération des contradictions soulevées à propos des textes sacrés, la démonstration d’une frontière étroite entre le mythe et la réalité, les confusions soulevées à propos des notions de dieu, de demi-dieu et de Seigneur, et la volonté des grands de cette époque d’être déifié, de vivre une vie à la fois charnelle et spirituelle.

Somme toute, il est admirable qu’un ingénieur, non initié «académiquement» aux méthodes historiques, mais passionné pour l’histoire, habile en recherche et maniant bien la plume, ait eu le courage d’entreprendre et de mener à terme un projet aussi colossal que de réinterroger le récit des Patriarches. Et qu’en plus le résultat soit convaincant a de quoi impressionner! C’est définitivement un livre à lire et relire pour bien s’imprégner de toute sa richesse.”

- Richard Lefrancois, Ph.D.


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Michel Virard, président de l’Association Humaniste du Québec et auteur de la recension du livre parue dernièrement dans la revue « Le Québec Sceptique » m’a aimablement invité à inaugurer leur saison de conférences 2009-2010.

Vendredi soir, par une soirée automnale pluvieuse, une trentaine de personnes se sont déplacées, ont payé leur place et ont envahi les locaux quelque peu exigus, mais fort sympathiques de l’AHQ pour assister à ma toute première conférence sur le sujet. La petite salle était comble, signe que la controverse est toujours un sujet porteur. Parmi ceux qui m’ont fait l’honneur de leur présence, se trouvaient quelques membres du mouvement des Sceptiques du Québec, des professeurs de philosophie, de sociologie, de physique atomique, ainsi qu’un prêtre. Bref, je faisais face à un public averti qui ne m’était pas acquis d’avance.

J’étais quelque peu nerveux, car l’enjeu étant de taille: la position audacieuse que j’étais venu défendre était en quelque sorte indéfendable. En effet, qu’un ingénieur vienne prétendre que le « Dieu » d’Abraham n’était pas un être divin, mais plutôt un roi de Mésopotamie, frise l’insolence.

En guise de présentation, j’ai décrit la démarche personnelle qui m’a amenée à entreprendre cette recherche, puis à écrire ce livre. J’ai ensuite fait le point sur l’état des recherches de l’exégèse moderne et de son évolution, en insistant sur le fait que tous les efforts du concordisme visant à confirmer l’historicité du récit biblique par l’archéologie avaient été voués à l’échec. En effet, toutes les tentatives pour prouver l’existence d’Abraham ou de sa pensée fondatrice ont été abandonnées depuis les années 1970.

J’ai ensuite présenté les éléments de preuve qui permettent de conclure que le récit des Patriarches était, à l’origine, non pas un récit religieux, mais un document légal. Selon moi, ce document avait pour principal objectif de rendre officielle la nomination d’Abraham au poste de gouverneur de la région de Canaan. En légitimant son droit à la terre, ce document revêtait une importance considérable aux yeux du peuple hébreu. La précision des détails conduisant à cette interprétation est telle qu’ils n’auraient pu résister à une transmission orale. Il nous faut donc admettre que ce document fut rédigé beaucoup plus tôt que ce que l’on admet généralement, dans le but d’assurer sa pérennité. Mais comme le suzerain d’Abraham s’attribuait certaines caractéristiques divines, le récit aura pris avec le temps des proportions mythiques. Il sera finalement amalgamé à d’autres récits et légendes mésopotamiennes, quelques siècles avant notre ère, lors de la compilation et de la rédaction du Pentateuque.

Durant la période des questions qui a duré près d’une heure, personne n’a montré d’impatience. Parmi les nombreuses questions soulevées figurait la possibilité de préservation et de transmission d’un tel récit. L’échange animé a vraisemblablement plu aux participants qui sont repartis satisfaits. Un constat fort intéressant semble découler de cette discussion nourrissante: mon profil d’ingénieur ne me prédisposait aucunement à développer et défendre une pareille thèse. En revanche, cette faiblesse apparente s’est révélée être une force. C’est effectivement sans présupposés aucuns que j’ai pu aborder l’épineuse question de l’historicité du récit. J’ai traité le sujet en suivant une méthode purement scientifique: le concret, l’analyse de données objectives, les mathématiques. Tout cela m’amène à une conclusion réaliste qui, aux dires des personnes présentes, mérite d’être entendue.

Voici les résultats du formulaire d’appréciation que les participants étaient invités à remplir :

91% ont qualifié la conférence de très bonne (70% excellente, 21% bonne, 0% passable, 0% médiocre)

94% la recommanderaient à des amis

La note la plus basse: 79% pour l’emplacement : un peu exigu, mais fort intime.

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Je ne suis ni théologien, ni historien, ni écrivain et encore moins romancier et je n’ai nullement l’intention de gagner ma vie en écrivant de la fiction ou en cassant du sucre sur le dos des églises.

Quiproquo sur Dieu est né d’une longue démarche sincère visant à mieux comprendre l’origine des Écrits bibliques. Au cours de mes recherches, j’ai découvert de nombreux éléments d’information qui m’ont amené à questionner l’interprétation classique du récit des Patriarches. Une fois la boîte de Pandore entrouverte, il n’était plus question de faire demi-tour.

Dès que je me suis engagé sur cette piste, tous les éléments analysés ont commencé à converger vers une solution unique, logique et cohérente. J’ai longtemps cherché des indices qui auraient pu réfuter ces trop nombreuses « coïncidences ». Mais les preuves ont continué à s’accumuler.  Elles reposent sur un ensemble de démonstrations logiques, chronologiques et dendrochronologiques qui se recoupent avec une précision étonnante.

Pourtant, force est d’admettre qu’à ce jour, aucune trace de ce personnage ou de sa pensée fondatrice n’a jamais été retrouvée. Alors comment prétendre établir des « preuves » tangibles quand les plus grands spécialistes n’arrivent même pas à s’entendre sur l’aspect historique d’Abraham?

Bien que cela puisse paraître paradoxal, mon ouvrage abonde dans le sens de toutes les recherches archéologiques : Abraham, père fondateur des trois grandes religions, n’a jamais existé!

Bien que modeste, mon apport pourrait bouleverser certaines croyances. Dans sa plus simple expression, il consiste a dissocier les termes Yahvé et Élohim - que l’on confond depuis toujours - et à reconnaître en « Yahvé » un seigneur puissant, et en « Élohim » un dieu païen. Cette étape m’a permis d’orienter mes recherches sur l’identité du seigneur d’Abraham plutôt que sur Abraham lui-même. J’ai été fasciné de découvrir dans le récit de la Genèse (Chapitres 12-25) un double sens très révélateur et étonnamment précis.

Les chronologies comparées m’ont permis un rapprochement avec une figure historique connue : Hammourabi, roi de Babylone. Ce choix est très crédible, car les dates, les événements, le profil culturel, ainsi que les motivations de chacun offrent des concordances étonnantes qui transcendent la simple coïncidence.

Maintenant que j’ai publié le fruit de mes recherches, je laisse aux autres le soin d’émettre les critiques qui s’imposent. Jusqu’à présent, les attaques les plus virulentes proviennent de ceux qui n’ont pas lu mon livre. Beaucoup s’imaginent à tort que la théorie que j’avance est farfelue, car elle semble aller à l’encontre des théories modernes voulant qu’Abraham n’ait jamais existé. Tel n’est pas le cas.

Pour l’instant, la théorie que je propose suscite davantage l’intérêt auprès des athées que des croyants. Mais je suis confiant que les choses vont évoluer, car si Abraham avait bel et bien conclu une Alliance avec Hammourabi, plutôt qu’avec « Dieu », ne serait-il pas préférable de le savoir que de continuer à l’ignorer?

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Voici quelques extraits de la recension de Quiproquo sur Dieu offerte par Michel Virard, président de l’Association Humaniste du Québec publiée dans le dernier numéro de la revue des Sceptiques du Québec.

« Les fils d’Abraham risquent de sourciller à la lecture de cet ouvrage fort bien construit. En effet, cet essai vise gros : l’identité même du dieu d’Abraham. Plus exactement : indiquer qui se cache derrière ce Yahvé/Seigneur, alors qu’un certain Élohim apparait lui aussi régulièrement dans la Genèse. »

« Il s’agit d’une démonstration où les faits connus et les spéculations sont clairement définis et soutenus par des graphiques significatifs. Le résultat est que l’on n’a pas cette désagréable impression de se faire embarquer, comme dans nombre d’ouvrages sur ce genre de sujet : à tout moment, on peut faire la différence entre le terrain solide et la sous-hypothèse que l’auteur propose pour soutenir sa thèse… »

« Avec Quiproquo sur Dieu, Lamborelle nous fournit finalement un faisceau d’arguments tendant à prouver que le Yahvé de la Bible n’est nul autre qu’un personnage unique, déjà connu de tous : Hammourabi, le roi babylonien à qui l’on doit ce fameux code de 282 articles. La saga d’Hammourabi, d’Abraham, de Sarah, d’Ismaël et d’Isaac, revue et corrigée par Lamborelle, est un scénario digne d’un feuilleton d’Hollywood et, j’ajouterais, nettement plus intéressant que la version théologique classique. »

« Découvrir un « sens » très plausible à une histoire qui, prise littéralement, ne tenait pas debout, fait tout le plaisir de cette lecture hors des sentiers battus.»

Virard fait toutefois preuve d’esprit critique et apporte le bémol suivant:

« On aimerait toutefois avoir une meilleure justification pour la correction chronologique de 6/10 que celle, trop succinte, actuellement fournie dans l’ouvrage. »

L’explication qui m’apparait la plus logique est la suivante. Trois étapes sont nécessaires afin de reconstituer la suite des évènements:

1) Identifier quelles auraient dû être les données originales

À l’évidence, et comme le convient Virard, nous devons admettre que les données bibliques ne sont spécifiées ni en base sexagésimale, ni en base décimale. Il faut donc retenir la possibilité d’une erreur de transcription. Par ailleurs, si les dates proposées dans Quiproquo sur Dieu s’avèrent exactes, elles devraient nous permettre de remonter à la source, afin de comprendre comment une telle erreur aurait pu se produire. Et comme on sait que les Babyloniens ont inventé le système sexagésimal, il est raisonnable de supposer que ce système de notation était en usage dans les textes d’origine.

Transposons donc les données corrigées du livre vers la base sexagésimale, afin de retrouver les valeurs initiales :

  • Si Sarah enfante Isaac à 54 ans (valeur corrigée), on trouve :54 comme équivalent sexagésimal
  • Si Abraham meurt à 105 ans (valeur corrigée),  on trouve 1:45 ans (1(60/60) + 45) comme équivalent sexagésimal

Les textes d’origines auraient donc dû faire mention respectivement des âges de 54 ans et 145 ans.

2) Déterminer quelle opération a été appliquée sur ces données afin d’obtenir les âges relatés dans la Bible

Comment ces chiffres auraient-ils évolué vers les 90 ans et 175 ans que l’on retrouve dans la Bible? Un scribe bien intentionné aura sans doute cherché à convertir les données de la notation sexagésimale vers la nouvelle base en usage.  Aurait-il manipulé ces chiffres comme s’il s’agissait de mesure de temps plutôt que d’années? La question mérite d’être posée, car on imagine aisément que les chiffres des unités « 54 » et  « 45 » auront été interprétés comme des « soixantièmes ».  Cette explication est plausible, car tous les chiffres qui composent les nombres babyloniens se multiplient par 60 à la puissance “x”. L’exposant “x” est positif ou négatif, selon qu’ils se situent avant ou après la virgule (multiplier par un exposant négatif revient à diviser par 60). C’est ainsi que l’on convertit 54 secondes en .90 minutes dans la notation décimale.

Selon cette explication, le :54 sexagésimal aura donc été transcrit 54/60 = .90 par notre scribe et le 1:45 aura été transcrit (1*60/60) + 45/60) = 1.75. En éliminant  le point décimal, on retrouve les 90 ans et 175 ans bibliques que l’on connait trop bien et qui ont confondu les exégètes et les historiens de la Bible.

3) Justifier cette opération par le contexte historique

Cette « erreur » trouverait donc possiblement son origine dans une mauvaise interprétation de la notation sexagésimale. Si la méthode employée s’applique aux degrés, aux minutes et aux secondes, elle ne peut s’appliquer aux années qui se calculent en “unités”, plutôt qu’en “fractions”. Bien entendu, il serait préférable de retrouver d’autres documents d’époque qui auraient subi une erreur semblable pour avaliser cette théorie. Néanmoins, celle-ci permet d’expliquer et de comprendre comment une “petite erreur” pourrait être à l’origine des données que l’on retrouve dans la Bible et pourquoi il est aujourd’hui nécessaire de les multiplier par le rapport inverse des deux bases, soit 6/10.

On retrouve ainsi les 54 ans (90*6/10) et les 105 ans (175*6/10) ”corrigés” que je propose dans le livre.

——–

Le Québec sceptique est la revue officielle des Sceptiques du Québec. Il est publié trois fois par année. Il traite des phénomènes paranormaux et pseudoscientifiques avec une approche critique. On peu se procurer la revue en cliquant sur le lien suivant:


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Quiconque a lu la Bible s’est vite rendu compte que les dates rapportées tiennent bien davantage du surnaturel que du bon sens.

Curieusement, les spécialistes n’ont aucune explication logique à nous proposer. En fait, ils s’en remettent au mythe, ou à la nature sacrée des personnages pour expliquer ces longévités fantastiques.

Par ailleurs, les détails qui permettraient de situer dans l’histoire certains évènements posent problème. En effet, si l’on en croit les Écrits, l’Exode devrait se situer sous le règne de Ramsès II, car l’histoire nous enseigne que c’est effectivement le pharaon qui a fait construire la ville de Pithom :

Ex 1:11 Et l`on établit sur lui des chefs de corvées, afin de l`accabler de travaux pénibles. C`est ainsi qu`il bâtit les villes de Pithom et de Ramsès, pour servir de magasins à Pharaon.

Or, un autre verset nous donne les informations suivantes :

 

1 Roi 6 :1 Et il arriva, en la quatre cent quatre-vingtième année après la sortie des fils d’Israël du pays d’Égypte, en la quatrième année du règne de Salomon sur Israël, au mois de Ziv, qui est le second mois, que Salomon bâtit la maison de l’Éternel.

Celles-ci sont contradictoires, car il est généralement admis que Salomon régnait vers 970 AEC. Si la construction du Temple de Salomon débute quatre ans après le début de son règne, l’Exode aurait dû avoir lieu 480 ans plus tôt, soit en 1446 AEC (=970-4+480). Cette période ne correspond pas au règne de Ramsès II (1279 à 1213 AEC).

Voilà pourquoi une majorité de spécialistes qui ont tenté de situer les Patriarches dans un contexte historique évitent de se référer aux données disponibles dans la Bible. C’est plutôt en se basant sur les nombreux artefacts retrouvés lors de fouilles archéologiques qu’ils ont établi le cadre général de cette époque au Bronze moyen.

Dans Quiproquo sur Dieu, je démontre pour la première fois que les dates de la Bible sont d’une exactitude remarquable, mais qu’elles ont souffert d’une erreur d’interprétation. On a trop longtemps négligé de prendre en considération le contexte culturel de l’époque pour en comprendre le sens.

S’il nous est tout naturel de comptabiliser le temps en années de 365 jours, il n’en a pas toujours été ainsi. En fait, qu’est-ce que le temps pour un observateur, sinon l’observation et la mesure de cycles qui se répètent? Le plus court est celui du jour, mais son utilisation n’est pas très pratique, car il est difficile à mesurer. Dans la Liste royale sumérienne, certains rois d’avant le Déluge auraient vécu 28 800 ans. La substitution de la notion de cycles à celle d’années confère bien plus de réalisme à la chronologie. C’est ainsi qu’en divisant 28 800 cycles par 365 jours, on obtient une durée de vie bien plus réaliste de 79 ans.

Le cycle lunaire de 29,5 jours est le plus visible et facile à mesurer. Pour des nomades se déplaçant de cité en cité, il devait être beaucoup plus simple de s’en tenir aux cycles lunaires dont la présence céleste est observable sans instrument complexe. C’est ainsi que les durées de vie d’Adam (930 ans) et de Noé (950 ans) ont probablement été comptabilisées en cycles lunaires plutôt qu’en années. En divisant 365 par 29,5, soit 12,4 cycles par année, on obtient les âges respectifs de 75 ans pour Adam et de 77 ans pour Noé. Voilà qui est nettement plus réaliste!

Malgré une apparence toujours un peu surnaturelle, les durées de vie des Patriarches n’ont pas du tout le même ordre de grandeur que celles de Noé et des générations antérieures. On apprend ainsi qu’Abraham a vécu jusqu’à 175 ans et que Sarah a enfanté à 90 ans! Cette échelle aux dimensions un peu moins fantastiques témoigne fort probablement d’un accès à des sources plus récentes et à des données plus fiables. Cette reconstruction laisse supposer que cycle lunaire n’était déjà plus utilisé.

Naïfs ou incapables d’expliquer une telle « mutation », les auteurs de la Genèse semblent quand même embarrassés puisqu’ils se sentent obligés de souligner et de justifier ce changement en déclarant que les hommes auraient maintenant une durée de vie plus « normale »:

Gn : 6:3 Et Yahvé dit: Mon Esprit ne contestera pas à toujours avec l’homme, puisque lui n’est que chair; mais ses jours seront cent vingt ans.

Il est bon de rappeler qu’en Mésopotamie, les calculs se sont longtemps effectués en base sexagésimale (base 60). Il est donc fort possible qu’une erreur d’interprétation – volontaire ou non – soit survenue lors d’une transcription.

En multipliant toutes les données du Pentateuque par 6/10, nombre correspondant au rapport entre les bases 60 et 100, on arrive à des résultats remarquables. Par exemple, une génération de 40 ans x 6/10 devient 24 ans. Abraham ne serait pas mort à l’âge extraordinaire de 175 ans, mais plutôt à 105 ans. Sarah n’aurait pas enfanté Isaac à 90 ans, mais à 54 ans (on sait qu’elle était déjà « vieille » mais que la ménopause peut survenir chez la femme jusqu’à 60 ans).

Si l’on reprend les données de 1 Roi 6 :1 et que l’on situe l’Exode, non pas à 480 ans, mais plutôt à 288 ans (=480×6/10) avant la construction du Temple de Salomon en 966, on tombe cette fois en 1254, soit précisément à l’intérieur du règne de Ramsès II.

Mais si cette théorie semble intéressante, est-il possible d’en faire la preuve?

En corrigeant toutes les dates du récit des Patriarches (pas seulement quelques-unes) afin de les comparer aux données historiques connues sur le règne du roi Hammourabi, je propose une nouvelle interprétation du récit, qui cette fois, colle à la réalité. La précision avec laquelle se vérifient plus d’une douzaine de dates qui s’étendent sur plusieurs générations confirme qu’il ne peut s’agir du hasard.

Par ailleurs, la science de la dendrochronologie nous permet de connaître avec précision les périodes de sécheresse vécues au Bronze moyen. Interprétées correctement, celles-ci correspondent parfaitement aux deux famines vécues par Abraham et Joseph.

Ce texte est une adaptation des pages 101 à 107 de Quiproquo sur Dieu.  Copyright © 2009 Bernard Lamborelle

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Un article de l’Actualité (Janvier 2009) signé par Roch Côté explique qu’il serait grand temps de reconnaître les Écrits bibliques pour ce qu’ils sont - de simples fables allégoriques - plutôt que de chercher à les prendre comme témoins de l’histoire.

En effet, il apparaît de plus en plus clair pour les scientifiques que ces textes sacrés n’ont aucune base historique. Le récit des Patriarches aurait été rédigé aux environs de 600 avant l’ère courante, dans le but de justifier l’appartenance des Hébreux à la terre d’Israël. Ils en tiennent pour preuve le grand nombre d’incohérences et d’anachronismes qui y sont relevés et le fait qu’aucun texte, statue, effigie, ruine, ou fresque de cette époque n’a jamais été retrouvé qui témoigne de l’existence des Patriarches ou de leur pensée révolutionnaire. C’est pourtant dans ce récit que Yahvé se révèle à Abraham pour conclure une Alliance avec lui, en reconnaissance d’une foi exclusive, absolue et inébranlable. Véritable assise des religions monothéistes, juifs, chrétiens et musulmans reconnaissent en cet épisode l’élément fondateur de leur religion et confèrent aux Patriarches le titre bienveillant de « pères fondateurs ».

Ce qui surprend, ce n’est pas tellement les propos rapportés de l’archéologue Finkelstein, mais plutôt de constater que cette « nouvelle » idéologie est accueillie avec enthousiasme par les théologiens et les exégètes modernes. C’est le monde à l’envers! Ceux qui ont voué leur carrière à l’analyse de ces textes sacrés semblent aujourd’hui trouver « tout naturel » ce verdict définitif. Pourtant, ces même scientifiques tenaient un discours fort différent il n’y a pas si longtemps. Dans les années 1950 à 1970, tous les espoirs étaient permis et chaque découverte qui venait « confirmer » la véracité de la Bible semait l’émoi dans les médias et réjouissait les croyants.

Résignation devant un constat d’échec accablant? Et si l’on préférait fermer les yeux plutôt que de se risquer à découvrir une vérité qui dérange? Il est certainement beaucoup plus confortable de continuer à croire à des préceptes aux origines incertaines que de devoir affronter une réalité qui remettrait en question nos croyances.

Cette résignation n’en est pas moins troublante. Est-il vraiment réaliste de croire qu’une poignée d’hommes à l’origine de l’une des plus importantes révolutions religieuses de l’histoire de l’humanité n’aient laissé derrière eux aucun vestige? Si ces écrits avaient été rédigés de toutes pièces à partir de légendes, de mythes ou de fables, comme certains le prétendent, pourquoi les auteurs de la Bible n’en auraient-ils pas profité pour leur donner plus de cohérence? N’est-ce pas précisément ce que les musulmans reprochent à la Bible? Pourquoi ces auteurs se seraient-ils embarrassés d’un tel ramassis de contradictions?

Depuis le fameux débat entre Jimmy Swaggart et Ahmed Deedat, en 1986, on assiste à des spectacles de réfutation où les érudits du Coran soulèvent, avec une certaine satisfaction, les nombreuses contradictions de la Bible.
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                                  (Introduction au débat)


Il ne fait aucun doute que le récit des Patriarches baigne dans les incohérences et les anachronismes. C’est du moins l’impression qu’il en ressort lorsqu’on aborde les textes dans l’optique théologique traditionnelle. Mais si aucune preuve historique des Patriarches n’a été retrouvée, ne serait-ce pas plutôt parce qu’on a tout simplement suivi une fausse piste?

N’oublions pas que cette histoire se déroule à l’âge du Bronze moyen, il y a de cela plus de 3 500 ans. Est-ce possible que le contexte historique de l’époque ait été mal compris? La boîte de Pandore entrouverte, les apparentes incohérences vont-elle révéler leur véritable secret?

Dans « Quiproquo sur Dieu », un essai historique à paraître en mai 2009, nous allons nous employer à étudier ces possibilités.

L’histoire n’a peut-être pas encore dit son dernier mot.

Suivre le lien pour un extrait de l’article de l’Actualité…

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